PubliĂ© le 18/12/2021 Ă 0630, Mis Ă jour le 18/12/2021 Ă 1651 Les derniĂšres fouilles archĂ©ologiques menĂ©es en novembre et dĂ©cembre sur le site de l'ancienne Oxyrhynque aujourd'hui Al-Bahnasa, en Ăgypte ont livrĂ© aux chercheurs plusieurs momies, quelques sĂ©pultures romaines et byzantines ainsi que deux tombes datĂ©es de la pĂ©riode saĂŻte VIIe-VIe siĂšcle av. Egyptian Ministry of Tourism and Antiquities ARCHĂOLOGIE - DatĂ©es de l'Ă©poque romaine, trois sĂ©pultures ont livrĂ© aux chercheurs de nouveaux spĂ©cimens d'amulettes dorĂ©es, en vogue dans les derniers siĂšcles de l'Ăgypte un silence d'or, ils parlaient la langue des morts depuis des siĂšcles. DĂ©couverts cet automne, trois anciens Ă©gyptiens inhumĂ©s Ă l'Ă©poque romaine renfermaient, dans le secret de leurs mĂąchoires, de petites amulettes en forme de langue recouvertes de feuilles d'or, a annoncĂ© le 5 dĂ©cembre le ministĂšre Ă©gyptien du Tourisme et des AntiquitĂ©s. De petits trĂ©sors qui n'avaient pas pour fonction de souligner les talents oratoires des dĂ©funts mais, au contraire, d'assurer qu'ils ne se retrouvent pas sans voix dans l' lire aussiDes momies Ă la langue en or vieilles de 2000 ans dĂ©couvertes en ĂgypteĂ VOIR AUSSI - Ăgypte des momies exposĂ©es dans des musĂ©es avant le dĂ©filĂ© de pharaons»Ces prĂ©cieux vestiges funĂ©raires ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s par une mission archĂ©ologique espagnole achevĂ©e le 10 dĂ©cembre. MenĂ© par l'Institut du Proche-Orient ancien de l'universitĂ© de Barcelone, le chantier de fouille avait pour objectif d'Ă©tudier les diffĂ©rents sites funĂ©raires de l'antique citĂ© d'Oxyrhynque, Ă l'emplacement de laquelle se dresse la ville moderne d'Al-Bahnasa, Ă quelque 170 kilomĂštres au sud du Caire. Les trois amulettes dorĂ©es ne sont pas les premiĂšres Ă y avoir refait surface, loin de lĂ . Il s'agissait d'un rituel de protection des morts tout Ă fait caractĂ©ristique de la nĂ©cropole romaine d'Oxyrhynque, puisque quatorze de ces langues d'or ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es Ă ce jour», ont prĂ©cisĂ© le 6 dĂ©cembre les archĂ©ologues Maite Mascort et Esther Pons, dans un communiquĂ© de l'universitĂ© de amulettes en forme de langues dĂ©couvertes cet automne Ă Al-Bahnasa, dans l'une des nĂ©cropoles anciennes de la citĂ© antique d'Oxyrhynque. Egyptian Ministry of Tourism and AntiquitiesĂ la maniĂšre des Grecs, qui dĂ©posaient une obole dans la bouche de leurs dĂ©funts pour payer Charon, le nocher des morts, quelques Ăgyptiens glissaient, parfois, des amulettes en forme de langue entre les dents des trĂ©passĂ©s pour assurer la continuitĂ© de la facultĂ© de parler de ces voyageurs partis vers le domaine d'Osiris. Il s'agirait d'un genre d'amulette apparu tardivement dans la culture Ă©gyptienne. DĂ©couvertes Ă l'ouest d'Alexandrie au dĂ©but de l'annĂ©e, plusieurs momies Ă©galement pourvues de langues en or, dataient elles aussi de l'Ă©poque romaine de l'Ăgypte, dont le dĂ©but est traditionnellement fixĂ© Ă l'annexion du royaume en 30 avant notre de deux tombes saĂŻtesAussi impressionnantes soient-elles, les langues d'or d'Oxyrhynque ne constituent cependant pas les plus fertiles dĂ©couvertes de la derniĂšre campagne de fouille menĂ©e par l'Ă©quipe espagnole. Parmi les trouvailles les plus notables, les chercheurs ont mis au jour depuis novembre cinq cryptes byzantines ainsi que trois tombes romaines dont les dĂ©funts Ă©taient enveloppĂ©s dans des cartonnages polychromes. Surtout, les archĂ©ologues ont Ă©galement mis la main sur deux tombes Ă sarcophages datĂ©es de la XXVIe dynastie. Correspondant Ă l'Ă©poque dite saĂŻte, du VIIe au VIe siĂšcle av. elles sont contemporaines des derniers rois Ă©gyptiens autochtones Ă avoir rĂ©gnĂ© sur le pays, avant la conquĂȘte perse et la domination successive des souverains hellĂ©nistiques puis des sarcophages dĂ©couverts lors de la derniĂšre campagne de fouille de la mission archĂ©ologique espagnole. Egyptian Ministry of Tourism and AntiquitiesĂ lire aussiLa plus grande ville antique» d'Ăgypte dĂ©couverte prĂšs de LouxorMieux encore, si l'une de ces deux tombes a Ă©tĂ© ouverte et pillĂ©e dĂšs l'AntiquitĂ©, le mĂȘme sort a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ© au second tombeau. DescellĂ©e par les Ă©gyptologues, la chambre contenait des tombereaux de vestiges funĂ©raires. L'individu inhumĂ©, sans doute un homme selon le dĂ©cor de son sarcophage, baignait par consĂ©quent dans un ocĂ©an de parures en faĂŻence ainsi que d'amulettes les plus diverses pilier Djed, yeux d'Horus, scarabĂ©es, figurine d'Horus, ⊠Le tableau se complĂ©tait par la prĂ©sence des quatre vases canopes, contenant les viscĂšres de la momie. Sans oublier la prĂ©sence d'un modeste cortĂšge de 399 ouchebtis, de petites statuettes reprĂ©sentants les serviteurs funĂ©raires du belle dĂ©couverte qui promet d'approfondir les connaissances sur les Ăąges les plus reculĂ©s du site, bien avant l'accumulation de vestiges romains plus rĂ©cents. La tombe fermĂ©e et scellĂ©e de la pĂ©riode saĂŻte dĂ©ploie une structure architecturale diffĂ©rente du reste de ce qui a Ă©tĂ© trouvĂ© jusqu'Ă prĂ©sent sur le site, ont ainsi prĂ©cisĂ© Maite Mascort et Esther Pons. De plus, comme il est intact, il nous permettra d'en apprendre plus sur les rituels funĂ©raires de cette pĂ©riode chronologique Ă Oxyrhynque.» Une trouvaille en or, en somme, plus propre Ă alimenter de futures discussions dans les cercles d'Ă©gyptologues que des tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Osiris.
I Dans lâanalyse des procĂ©dures politiques du monde mycĂ©nien, il convient de distinguer nettement entre le niveau central de lâautoritĂ© palatiale et le niveau local 4. Les donnĂ©es archĂ©ologiques ne nous Ă©clairent guĂšre sur la prise de dĂ©cision dans les capitales palatiales. Il nây a pas de grande place publique Ă lâintĂ©rieur des forteresses mycĂ©niennes, mais on ne saurait
Le site archĂ©ologique de Sedeinga se situe au Soudan, Ă une centaine de kilomĂštres au nord de la troisiĂšme cataracte du Nil, sur la rive Ouest du fleuve. Surtout connu pour abriter les ruines du temple Ă©gyptien de la reine Tiyi, Ă©pouse royale dâAmenhotep III, ce site accueille Ă©galement une grande nĂ©cropole, rassemblant des sĂ©pultures datant des royaumes de Napata et de MĂ©roĂ© VIIe siĂšcle avant / IVe aprĂšs une civilisation mĂȘlant traditions locales et influences Ă©gyptiennes. Des tombes, stĂšles et linteaux viennent dâĂȘtre mis au jour par une Ă©quipe internationale pilotĂ©e par des chercheurs du CNRS et de Sorbonne UniversitĂ© dans le cadre de la Section française de la direction des antiquitĂ©s du Soudan, cofinancĂ©e par le CNRS et le ministĂšre de lâEurope et des affaires Ă©trangĂšres2. Ils reprĂ©sentent lâune des plus grandes collections dâinscriptions mĂ©roĂŻtiques, la langue la plus ancienne dâAfrique noire, connue Ă ce jour. Photo aĂ©rienne de la fouille en dĂ©cembre 2017 La nĂ©cropole de Sedeinga sâĂ©tend sur plus de 25 hectares et abrite les vestiges dâau moins quatre-vingt pyramides de briques et de plus dâune centaine de tombes, datant des royaumes de Napata et de MĂ©roĂ© VIIe siĂšcle avant / IVe siĂšcle aprĂšs Les programmes de recherche effectuĂ©s depuis 20093 ont portĂ© sur la chronologie de la construction de cette nĂ©cropole, une question difficile car il ne reste que trĂšs peu dâinformations historiques sur cette civilisation. Les chercheurs ont notamment montrĂ© que la plupart des pyramides et des tombes sont un rĂ©amĂ©nagement, par les MĂ©roĂŻtes, de structures datant de lâĂ©poque du royaume de Napata. Un amĂ©nagement qui intervient donc cinq siĂšcles aprĂšs la premiĂšre Ă©dification et que les MĂ©roĂŻtes ont complĂ©tĂ© par de nouvelles chapelles, bĂąties en briques et en blocs de grĂšs sur le flanc oriental des pyramides et destinĂ©es au culte du dĂ©funt. Cette pratique est une particularitĂ© des NapatĂ©ens et des MĂ©roĂŻtes, qui ont une vĂ©ritable vĂ©nĂ©ration pour les monuments du passĂ©, Ă la diffĂ©rence de leurs voisins Ă©gyptiens. Pyramides de MĂ©roĂ© Des Ă©lĂ©ments de grĂšs dĂ©corĂ©s, comme des stĂšles, mais aussi des linteaux et des montants de porte, ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s en surface, fournissant de magnifiques exemples de lâart funĂ©raire mĂ©roĂŻtique. Citons une stĂšle retrouvĂ©e sur la tranche, qui a conservĂ© tous ses pigments, notamment bleus, une raretĂ© pour ce type dâobjets soumis habituellement aux alĂ©as du temps. Autre piĂšce dâexception dĂ©couvert un linteau de chapelle reprĂ©sentant MaĂąt, la dĂ©esse Ă©gyptienne de lâordre, de lâĂ©quitĂ© et de la paix. Il sâagit de la premiĂšre reprĂ©sentation de cette dĂ©esse avec des traits africains. Le montant de chapelle funĂ©raire avec la figure de la dĂ©esse MaĂąt. Il date Ă©galement du IIe siĂšcle apr. Royaume de MĂ©roĂ©. © Vincent Francigny / Mission archĂ©ologique de Sedeinga Lors de la derniĂšre campagne de fouille, fin 2017, les chercheurs ont dĂ©couvert une stĂšle au nom de la Dame Maliwarase. Ses liens de parentĂ© avec les notables de Nubie le nord du royaume de MĂ©roĂ© y sont dĂ©taillĂ©s elle est ainsi la sĆur de deux grands-prĂȘtres dâAmon et lâun de ses fils a exercĂ© la fonction de gouverneur de Faras, une grande citĂ© en bordure de la deuxiĂšme cataracte du Nil. StĂšle au nom de la Dame Maliwarase. /© Claude Rilly / Mission archĂ©ologique de Sedeinga Les archĂ©ologues ont aussi mis au jour un linteau sur lequel figurent quatre lignes de textes qui prĂ©sentent le propriĂ©taire de la sĂ©pulture, une autre haute dame, Adatalabe. Elle est issue dâune illustre lignĂ©e qui comprend un prince royal, membre de la famille rĂ©gnante de MĂ©roĂ©. Ces deux stĂšles Ă©crites pour des femmes de haut rang ne sont pas isolĂ©es Ă Sedeinga. Dans la sociĂ©tĂ© mĂ©roĂŻtique, ce sont en effet les femmes qui incarnaient le prestige de la famille et qui en transmettaient lâhĂ©ritage. La stĂšle dâAtaqeloula, trouvĂ©e en novembre 2017 sur la nĂ©cropole de Sedeinga. Elle date du IIe siĂšcle de notre Ăšre et commĂ©more une femme de la haute sociĂ©tĂ© de Sedeinga, ainsi que les membres prestigieux de sa famille. Toutes ces dĂ©couvertes permettent de progresser dans la connaissance de la civilisation mĂ©roĂŻtique, issue du mĂ©tissage culturel entre lâĂgypte et lâAfrique noire qui caractĂ©rise encore le Soudan dâaujourdâhui. Ces objets funĂ©raires reprĂ©sentent ainsi la plus grande collection de textes rĂ©digĂ©s en mĂ©roĂŻtique, la langue la plus ancienne dâAfrique noire, Ă©crite avec des caractĂšres empruntĂ©s Ă lâĂ©gyptien ancien. Le directeur de la mission, Claude Rilly, est chercheur CNRS au laboratoire de Langues et Cultures dâAfrique Noire CNRS/Inalco. Il codirige cette mission avec Vincent Francigny, directeur du SFDAS MEAE. Ces recherches ont Ă©tĂ© financĂ©es par la commission des fouilles du MinistĂšre français de lâEurope et des Affaires EtrangĂšres MEAE et par le laboratoire de Textes-ArchĂ©ologie-Histoire dâOrient et MĂ©diterranĂ©e CNRS/UniversitĂ© Sorbonne/UniversitĂ© PanthĂ©on-Sorbonne/EPHE/ France. La recherche menĂ©e entre le 14 novembre et le 19 dĂ©cembre 2017, derniĂšre en date, a reçu le prix de la Fondation Jean et Marie-ThĂ©rĂšse Leclant. Source
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Les 13 et 14 juin 2022, le dĂ©partement dâĂ©tudes historiques de lâuniversitĂ© de Turin organisait un colloque au terme dâun programme biennal, labellisĂ© et soutenu par lâuniversitĂ© sur La forza delle acque, dĂ©diĂ© aux rapports hommes/eau/environnement. Celui-ci comprenait trois axes lâeau comme ressource, lâeau comme danger, lâutilisation et la valeur symbolique de lâeau qui ont servi de fil rouge au colloque, intitulĂ© La forza delle acque. Indagini su regimentazione, raccolta, distribuzione, utilizzo e significato nel mondo antico. Lâobjectif Ă©tait dâinstaurer un dialogue croisĂ© entre historiens et archĂ©ologues autour dâune mĂȘme thĂ©matique pour confronter les approches et les mĂ©thodes des uns et des autres et en dĂ©gager des points dâaccroche communs, comme on le fait aujourdâhui couramment sur dâautres sujets. Trois sessions de bilans et dâĂ©tudes de cas nous ont Ă©tĂ© proposĂ©s. La premiĂšre, intitulĂ©e La gestion des eaux dans le monde grec entre ressource et pĂ©ril, Ă©tait centrĂ©e sur les sociĂ©tĂ©s grecques et la maniĂšre dont elles avaient perçu et exploitĂ© leurs eaux. Assimilant le statut de lâeau Ă celui de la terre, Gianluca Cuniberti a dessinĂ© une histoire du droit et des droits hydrauliques en partant des textes homĂ©riques et hĂ©siodiques, puis des philosophes et en soulignant le fait que les inscriptions juridiques sur cet Ă©lĂ©ment Ă©taient rares, ce quâa confirmĂ© lâĂ©tude de Marcello Valente consacrĂ©e Ă quelques exemples de gestion des eaux publiques en Attique, pourtant la mieux documentĂ©e, et en BĂ©otie. Daniela Marchiandi a repris le cas bien connu de lâĂ©pidĂ©mie dâAthĂšnes au dĂ©but de la Guerre du PĂ©loponnĂšse, en cherchant Ă Ă©valuer le rĂŽle de lâeau dans sa propagation et en sâinterrogeant sur la fiabilitĂ© des textes bien connus de Thucydide, Diodore de Sicile et de Plutarque. On rappellera Ă ce sujet lâarticle de Reine-Marie BĂ©rard qui vient de sortir Nous sommes en guerre » ? », Histoire, mĂ©decine et santĂ© [En ligne], 19 Ă©tĂ© 2021, mis en ligne le 12 janvier 2022, consultĂ© le 19 aoĂ»t 2022. URL ; DOI La peste dâAthĂšnes fait toujours couler beaucoup dâencre ! De lâeau qui tue Ă lâeau qui dĂ©lasse en visioconfĂ©rence depuis AthĂšnes, Carmelo di Nicuolo a dressĂ© un panorama inĂ©dit des Ă©difices balnĂ©aires grecs, en sâappuyant sur la synthĂšse Ă la fois dĂ©passĂ©e et irremplaçable de RenĂ© GinouvĂšs BalaneutikĂš. Recherches sur le bain dans lâAntiquitĂ© grecque, BEFAR n° 200, Paris, 1962, et les travaux de Monika TrĂŒmper. Du monde Ă©gĂ©en on est passĂ©s au monde grec dâOccident. Jâai prĂ©sentĂ© les derniĂšres dĂ©couvertes sur lâaqueduc du Galermi Ă Syracuse un billet lui sera consacrĂ© ultĂ©rieurement. Diego Elia a illustrĂ© par plusieurs exemples de Grande GrĂšce MĂ©taponte, Cumes, Locres EpizĂ©phyrii, Poseidonia ou ElĂ©e et de Sicile Agrigente en particulier son fil directeur la forme de la citĂ© grecque dâOccident a Ă©tĂ© conditionnĂ©e et modelĂ©e par la nĂ©cessitĂ© de gĂ©rer de lâeau. IdĂ©e dĂ©jĂ proposĂ©e par dâautres, mais Diego Elia lâapprofondit et la documente de maniĂšre mĂ©thodique et magistrale. La deuxiĂšme session Ă©tait consacrĂ©e au monde romain La gestion des eaux dans le monde romain entre ressource et pĂ©ril. Un peu plus Ă©clectique, elle a abordĂ© plusieurs exemples sans dresser de synthĂšse ou de panorama gĂ©nĂ©ral. Dans un contexte historiographique surchargĂ©, il est difficile de proposer du neuf sur lâhydraulique romaine ! Silvia Giorcelli a ouvert lâaprĂšs-midi sur une communication Ă la thĂ©matique hydraulique Ă©largie les voies dâeau comme vecteur du commerce romain dans le nord de lâItalie. Giordana Amabili, Alessandra Armirotti et Maria Clara Conti ont prĂ©sentĂ© une Ă©tude de cas les derniĂšres dĂ©couvertes hydrauliques de la colonie romaine dâAugusta Praetoria Aoste. Une communication Ă deux voix a traitĂ© lâexemple incontournable de lâarchĂ©ologie romaine PompĂ©i. Federico Giletti nous a offert un point de vue original en centrant son approche sur la ville prĂ©romaine celle-ci exploitait la nappe phrĂ©atique et distinguait alimentation publique et privĂ©e en privilĂ©giant une exploitation collective de la ressource par le biais de puits publics. AprĂšs dâautres chercheurs citĂ©s lors de sa communication K. Duncan Jones, Somma-Vesuvian Ground Movements and the Water Supply of Pompeii and the Bay of Naples, AJA, 2015. 191â215 ; ou C. Monteleone, M. Crapper, and D. Motta, The Discharge of Pompeii public lacus Fountains Water History, 2021, Marco Serino a prĂ©sentĂ© les systĂšmes de recueillement et de distribution des eaux et leur Ă©volution au cours de lâhistoire de la ville. Nicolo Masturzo a passĂ© en revue les installations de la colonie augustĂ©enne de Leptis Magna par typologie aqueduc, citernes, fontaines en insistant sur le rĂŽle que certaines dâentre elles, comme lâaqueduc de 24km de longueur, avaient jouĂ© dans la propagande des notables romains en Libye. La troisiĂšme session, consacrĂ©e Ă Lâeau et le sacrĂ©, a offert quelques Ă©tudes de cas de la Protohistoire italienne Ă lâAntiquitĂ© classique. Cristiano Iaia a Ă©voquĂ© un phĂ©nomĂšne plus que millĂ©naire, rĂ©pandu en Europe protohistorique, que ce soit en Angleterre, Irlande, France ou Europe centrale le dĂ©pĂŽt votif de bronzes dans des eaux courantes ou dormantes. TrĂšs diffusĂ©e en Italie, en particulier en Italie du nord, dans le Trentin ou dans les Alpes, cette pratique peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e de plusieurs maniĂšres selon que lâeau du cours dâeau, de la source ou du lac, est considĂ©rĂ©e comme une force surnaturelle, comme un point de passage vers un autre monde, un lieu de mĂ©moire, ou comme un lieu de sĂ©pulture symbolique qui atteste le statut social du dĂ©funt. Câest ainsi que des sites comme Pila del BrancĂČn VĂ©rone ou le lac de Viverone prĂšs de Biella ont rĂ©vĂ©lĂ© des ensembles exceptionnels. Il faudrait aussi sâinterroger sur les fonctions thĂ©rapeutiques de ces corps dâeau, comme on a pu le proposer ailleurs et pour dâautres Ă©poques, en particulier aux sources de la Seine, exemple emblĂ©matique de la permanence de telles pratiques Ă lâĂ©poque romaine S. Deyts, Les bois sculptĂ©s des sources de la Seine, XLII supplĂ©ment Ă Gallia », Ăditions du CNRS, 1988. Betsey Ann Robinson a exposĂ© le projet de lâAmerican School of Classical Studies at Athens sur la vallĂ©e de PeirĂ©nĂš en en dressant le bilan historiographique fouillĂ© dĂšs 1896, le quadrilatĂšre autour de la fontaine PeirĂ©nĂš a rĂ©vĂ©lĂ© de nombreux vestiges sur lesquels le nouveau programme se greffe. Câest en rĂ©alitĂ© un quartier disparate, fait de structures sacrĂ©es successives pĂ©ribole romain dâApollon avec dĂ©pĂŽts votifs antĂ©rieurs, temple A et naĂŻskos, artisanales avec le trĂšs intĂ©ressant atelier de travail du murex et la teinturerie ; quartier qui sâest dĂ©veloppĂ© autour dâune fontaine combinant toutes ces fonctions Ă la fois religieuses et laĂŻques Robinson, Histories of Peirene A Corinthian Fountain in Three Millennia, Princeton, 2011. Valeria Meirano a dressĂ© une synthĂšse des sanctuaires de Grande GrĂšce en relation avec lâeau. Le sujet avait Ă©tĂ© dĂ©frichĂ© dans certaines rĂ©gions, comme la Basilicate dans les annĂ©es 1960/1970 par Dinu Adamesteanu et ses collaborateurs voir par ex. H. Dilthey, Sorgenti, acque, luoghi sacri in Basilicata, in E. Lattanzi dir., AttivitĂ archeologica in Basilicata, 1964-1967. Scritti in onore di D. Adamesteanu. Matera, 1980 539-557 ou esquissĂ© pour Poseidonia G. Tocco Sciarelli, I culti. In A. Stazio, S. Ceccoli a cura di, Poseidonia â Paestum. Atti del ventisettesimo Convegno di studi sulla Magna Grecia, Taranto-Paestum, 9-15 ottobre 1987, Tarente, 1988 361-374. V. Meirano sâest sâappuyĂ©e notamment sur les exemples rĂ©cemment Ă©tudiĂ©s de Poseidonia, lue comme une vĂ©ritable citĂ© des eaux G. Zuchtriegel, P. Carter, M. E. Oddo a cura di, Poseidonia cittĂ dâacqua. Archeologia e cambiamenti climatici, Paestum, 2019, CyrĂšne Lorenzo Cariddi, Cirene e lâacqua, Rome, 2020, ou Tarente avec le sanctuaire de la source de Saturo et la nymphe Satyria. Puis elle a dĂ©veloppĂ© les dĂ©couvertes effectuĂ©es par lâuniversitĂ© de Turin au centre de lâespace urbain de Locres EpizĂ©phyrii. Locres est elle aussi une citĂ© des eaux, comme le soulignent les nombreux lieux de culte Grotta Caruso, Grotta Imperatore, Vallone Milligri, ainsi que des personnages Ă la fois mythiques et historiques comme le lutteur Euthymos ou les nymphes omniprĂ©sentes dans la citĂ©, et bien sĂ»r cette remarquable aire urbaine dont on attend la publication dĂ©taillĂ©e. Marina Albertocchi, qui vient juste de publier une Ă©clairante monographie sur le sujet Il Thesmophorion di Bitalemi. La fase arcaica, Rome, 2022, nous a proposĂ© une autre vision du cĂ©lĂšbre Thesmophorion de Bitalemi. Le sanctuaire, installĂ© Ă lâembouchure du fleuve GĂ©las nourricier de la citĂ© et de son territoire, devrait donc reflĂ©ter lâimportance de cet emblĂšme de GĂ©la toutefois, sâil a livrĂ© de trĂšs nombreux vases, en particulier des hydries miniaturisĂ©es, on a mis au jour peu de tĂ©moignages du rĂŽle purificateur et rĂ©gĂ©nĂ©rant de lâeau, comme les louteria et les bassins. Il faut peut-ĂȘtre alors envisager que les rites de purification aient eu lieu directement dans le fleuve ou Ă ses abords, comme on le voit dans la littĂ©rature antique. Enfin, Elisa Ercolin nous a proposĂ© une rĂ©flexion sur les reprĂ©sentations de lâhydrie dans la cĂ©ramique lucanienne et apulienne et le rĂŽle que ce vase spĂ©cifique de lâactivitĂ© fĂ©minine joue dans la construction de lâespace fĂ©minin domestique. Ces journĂ©es ont donc constituĂ© une pause rĂ©gĂ©nĂ©ratrice aprĂšs deux annĂ©es de pandĂ©mie qui nous ont coupĂ©s les uns des autres, et le plaisir de se retrouver a donnĂ© lieu Ă de fructueux Ă©changes. Les communications et riches dĂ©bats qui les ont accompagnĂ©s doivent ĂȘtre publiĂ©s par Diego Elia et ses collĂšgues de lâuniversitĂ© de Turin. Lâouvrage permettra de faire un bilan trĂšs utile des recherches menĂ©es sur certains sujets.
En2022, lâEgypte antique nâa jamais Ă©tĂ© autant dâactualitĂ©. On cĂ©lĂšbre cette annĂ©e le bicentenaire du dĂ©chiffrement des hiĂ©roglyphes par Jean-François Champollion et le centiĂšme anniversaire de la dĂ©couverte de la sĂ©pulture inviolĂ©e de Toutankhamon par lâarchĂ©ologue britannique Howard Carter.
Carte mentaleĂlargissez votre recherche dans UniversalisLe Nouvel Empire ThĂšbes et MemphisThĂšbes, en Haute Ăgypte, fut Ă son Ă©poque la plus glorieuse, celle du Nouvel Empire vers 1550-1070 av. l'un des lieux majeurs de l'histoire Ă©gyptienne. Ă Karnak, le grand temple dynastique, avec ses annexes, mĂ©riterait Ă lui seul une longue Ă©tude, tant sa prospection a Ă©tĂ© l'objet de travaux â et pourtant une partie considĂ©rable des ruines demande encore Ă ĂȘtre fouillĂ©e et beaucoup des vestiges dĂ©gagĂ©s ne sont pas Ă proprement parler publiĂ©s. De nombreux archĂ©ologues, tels G. Legrain, M. Pillet, H. Chevrier, C. Robichon, Labib Habachi y ont, pendant des dĂ©cennies, dĂ©veloppĂ© une activitĂ© inlassable ; les secteurs de recherches sont multiples depuis Karnak-Nord, oĂč la mission de l'Institut français d'archĂ©ologie orientale a repris en 1968 les fouilles interrompues depuis 1951, jusqu'au temple de Mout, qu'explore une mission amĂ©ricaine. Le Centre franco-Ă©gyptien, fondĂ© en 1967, a entrepris des travaux d'importance relevĂ© du dĂ©cor et des inscriptions des monuments, fouilles, travaux de restauration et d'anastylose. Dans l'enceinte du temple d'Amon, qui est sans doute le site le plus Ă©tudiĂ© de toute l'Ăgypte pharaonique, on continue Ă faire des dĂ©couvertes importantes. Ainsi, le mĂŽle ouest du neuviĂšme pylĂŽne du temple, construction massive qui menaçait de s'effondrer, a Ă©tĂ© dĂ©montĂ© pierre par pierre depuis 1968 ; dans le remplissage ont Ă©tĂ© recueillis plus de 13 000 blocs les talatates » dĂ©corĂ©s de reliefs, qui provenaient d'un temple disparu, Ă©difiĂ© Ă l'est de la grande enceinte de Karnak par le pharaon hĂ©rĂ©tique AmĂ©nophis IV vers 1360 av. et consacrĂ© par lui Ă Aton, le disque solaire. AprĂšs l'Ă©chec de la rĂ©volution religieuse amarnienne, on tenta d'en faire disparaĂźtre jusqu'au souvenir ; les pierres du temple furent dĂ©montĂ©es et rĂ©utilisĂ©es par le pharaon Horemheb vers 1330-1300 av. pour le remplissage du neuviĂšme pylĂŽne. Les talatates sont enregistrĂ©es et Ă©tudiĂ©es par les archĂ©ologues de Karnak ; leur assemblage permet peu Ă peu de reconstituer les parois dĂ©corĂ©es de ce temple inconnu ; des informations prĂ©cieuses sont obtenues sur l'architecture, l'urbanisme et la vie dans la capitale thĂ©baine sous la XVIIIe dynastie, et plus prĂ©cisĂ©ment durant la pĂ©riode face de Karnak, sur la rive ouest du Nil, de nombreuses missions archĂ©ologiques poursuivent des fouilles, des travaux de relevĂ©s, de nettoyage et de restauration dans les tombes ou les temples funĂ©raires de la nĂ©cropole thĂ©baine. Une mission de l'universitĂ© de Berkeley Californie, dirigĂ©e par K. R. Weeks, a travaillĂ© Ă l'Ă©laboration d'une nouvelle carte de l'ensemble de la nĂ©cropole en rĂ©alisant pour ce faire une prospection topographique et archĂ©ologique gĂ©nĂ©rale du secteur, avec des plans, des coupes et des relevĂ©s de tombes. Dans la VallĂ©e des Rois, une mission amĂ©ricaine est en train de poursuivre le dĂ©blaiement de ce qui pourrait ĂȘtre une tombe collective des enfants de RamsĂšs II. Ă Deir el-Bahari, la mission polonaise reconstruit le cĂ©lĂšbre temple funĂ©raire de la reine Hatshepsout et celui de son implacable rival Thoutmosis III. Dans la vallĂ©e des Reines, plusieurs tombes posent de graves problĂšmes de conservation. C'est le cas en particulier de la sĂ©pulture si dĂ©licatement peinte de la cĂ©lĂšbre reine NĂ©fertari, Ă©pouse de RamsĂšs II, qui a Ă©tĂ© l'objet d'une magnifique restauration sous l'Ă©gide de la fondation la nĂ©cropole thĂ©baine ne saurait se prĂ©valoir du monopole des tombes du Nouvel Empire. Dans l'autre capitale, Memphis, il faut mentionner la dĂ©couverte importante, Ă Saqqara, de la tombe prĂ©parĂ©e pour Horemheb, Ă la fin de la XVIIIe dynastie. On ne connaissait de cette sĂ©pulture que de magnifiques fragments de reliefs dĂ©robĂ©s au xixe siĂšcle et conservĂ©s dans les grands musĂ©es ; son emplacement exact a Ă©tĂ© mis en Ă©vidence par la mission conjointe de l'Egypt Exploration Society de Londres et du musĂ©e de Leyde ; construite par Horemheb lorsqu'il n'Ă©tait pas encore souverain, cette sĂ©pulture est devenue celle de son Ă©pouse, la reine Moutnedjemet. Le matĂ©riel recueilli a fourni de prĂ©cieuses indications sur la fin de la XVIIIe dynastie, pour laquelle nos connaissances demeurent assez contradictoires. Ă proximitĂ© immĂ©diate, les dĂ©blaiements ont fait connaĂźtre les tombes aux beaux reliefs de Tya et de Maya. C'est Ă Saqqara encore, dans la [...]1 2 3 4 5 âŠpour nos abonnĂ©s, lâarticle se compose de 15 pagesAfficher les 9 mĂ©dias de l'articleĂcrit par secrĂ©taire perpĂ©tuel de l'AcadĂ©mie des inscriptions et belles-lettresClassificationHistoireArchĂ©ologieArchĂ©ologie aires gĂ©ographiquesAfrique, archĂ©ologieĂgypte, archĂ©ologieHistoireArchĂ©ologieArchĂ©ologie aires gĂ©ographiquesAfrique, archĂ©ologieSoudan, archĂ©ologieHistoireHistoire chronologiePrĂ©histoireHistoireHistoire chronologieAntiquitĂ©Ăgypte antique, histoireAutres rĂ©fĂ©rences ĂGYPTE ANTIQUE » est Ă©galement traitĂ© dans ĂGYPTE ANTIQUE - Vue d'ensembleĂcrit par François DAUMAS âą 1 614 motsLorsque, au vie siĂšcle de notre Ăšre, l'empereur Justinien fit amener Ă Constantinople les statues d'Isis qu'on adorait encore dans l'Ăźle de Philae, Ă la premiĂšre cataracte, lorsqu'il emprisonna les derniers prĂȘtres de la dĂ©esse, il semblait vraiment que la civilisation de la vieille Ăgypte Ă©tait bel et bi [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Histoire - L'Ăgypte pharaoniqueĂcrit par François DAUMAS âą 12 253 mots âą 17 mĂ©diasL'Ăgypte est une Ă©trange rĂ©alitĂ© gĂ©ographique. Tout s'y fait au contraire des autres pays, remarque HĂ©rodote. C'est une longue oasis verdoyante d'une fertilitĂ© extraordinaire. Mais, hors de la plaine qui borde le fleuve, c'est un terrain d'une affreuse ariditĂ©, qui commence de maniĂšre si abrupte qu'on peut avoir un pied dans les cultures et l'autre dans le [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Histoire - L'Ăgypte ptolĂ©maĂŻqueĂcrit par AndrĂ© BERNAND âą 3 460 mots âą 1 mĂ©diaĂgypte ptolĂ©maĂŻque, Ăgypte lagide, Ăgypte hellĂ©nistique cette triple appellation est employĂ©e communĂ©ment pour dĂ©signer une mĂȘme rĂ©alitĂ©, dans l'espace et dans le temps, mais avec des connotations particuliĂšres. L'Ăgypte lagide, c'est la vallĂ©e du Nil, de la mer Ă la deuxiĂšme cataracte, et les pays qui furent rattachĂ©s par conquĂȘte Ă ce territoire, depuis la mort d' [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Histoire - L'Ăgypte romaine et byzantineĂcrit par AndrĂ© BERNAND âą 3 628 mots âą 1 mĂ©diaAprĂšs la mort de ClĂ©opĂątre, en 30 avant l'Ăgypte passe au pouvoir d'Auguste et du mĂȘme coup sous la domination romaine elle devait y rester six siĂšcles, c'est-Ă -dire jusqu'Ă la conquĂȘte arabe marquĂ©e en 640 aprĂšs par la prise de Babylone et en 641 par la chute d'A [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Civilisation - La religionĂcrit par Jean VERCOUTTER âą 11 373 mots âą 24 mĂ©diasLorsque, en 384 de notre Ăšre, l'Ă©dit de ThĂ©odose ordonna la fermeture des temples de la vallĂ©e du Nil, la religion Ă©gyptienne Ă©tait vieille de plus de trois millĂ©naires et demi. C'est donc l'une des plus longues expĂ©riences religieuses de l'humanitĂ©, pendant laquelle des hommes ont adorĂ© les mĂȘmes dieux, adhĂ©rĂ© aux mĂȘmes croyances funĂ©raires, accompli les mĂȘmes rit [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Civilisation - L'Ă©critureĂcrit par Jean VERCOUTTER âą 4 057 mots âą 9 mĂ©diasL'Ă©criture Ă©gyptienne apparaĂźt en mĂȘme temps que l'unification du pays, vers 3100 avant et se dĂ©veloppe rapidement. Ce n'est pas un hasard. La civilisation, en Ăgypte, dĂ©pend Ă©troitement du Nil, car elle repose sur la bonne utilisation des eaux du fleuve. En effet, celles-ci seraient insuffisantes si l'ino [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Civilisation - La littĂ©ratureĂcrit par Jean LECLANT âą 7 500 mots âą 2 mĂ©diasSi l'on peut se demander quelle est la premiĂšre civilisation qui a inventĂ© et employĂ© l'Ă©criture comme moyen d'Ă©change, en revanche on peut affirmer que c'est dans la vallĂ©e du Nil que fut créée la plus ancienne littĂ©rature Ă©crite attestĂ©e Ă ce jour. L'Ăgypte est par excellence la terre des civilisation Ă©gyptienne Ă©tant prise dans un systĂšme d'intĂ©gration cosmique qui, sur terre, culmin [âŠ] Lire la suiteĂGYPTE ANTIQUE Civilisation - L'artĂcrit par Annie FORGEAU âą 11 450 mots âą 30 mĂ©diasSelon la tradition des annales de l'Ăgypte ancienne, dont les auteurs grecs se sont fait l'Ă©cho, le premier pharaon, responsable de l'unification du pays, se serait appelĂ© MĂ©nĂšs, nom ignorĂ© des sources archĂ©ologiques datant des dĂ©buts de l'histoire. Aussi s'est-on longtemps posĂ© la question de sa vĂ©ritable identitĂ©. Le [âŠ] Lire la suiteVoir aussiBUBASTEIONNĂCROPOLETEMPLE Moyen-OrientTHĂBES ĂgypteTOMBEVALLĂE DES REINES ĂgypteRecevez les offres exclusives Universalis
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Touristes accompagnĂ©s de leurs guides bĂ©douins sur le plateau de Gizeh devant le sphinx et la pyramide de KhĂ©ops, 1900-1925, Collection Vicente, GV030 En ce mois de septembre, au cours duquel nous cĂ©lĂ©brons la conservation du patrimoine, Ă©loignons-nous un peu de lâhexagone pour nous transporter au Moyen-Orient, et plongeons-nous dans la contemplation des monuments de lâĂgypte antique les collections de la StĂ©rĂ©othĂšque conservent en effet â comme nous lâavons dĂ©jĂ observĂ© Ă plusieurs reprises â des tĂ©moignages photographiques parmi les plus prĂ©coces sur ces monuments qui passionnaient dĂ©jĂ les EuropĂ©ens du XIXe siĂšcle, au premier rang desquels les Français, Ă©gyptologues comme touristes. LâintĂ©rĂȘt pour les monuments de lâĂgypte antique, on le sait bien, ne se dĂ©ment pas depuis plus de deux siĂšcles !Cette passion de tout un continent va se rĂ©vĂ©ler ĂȘtre un puissant moteur pour la sauvegarde de ce patrimoine, actions qui culminĂšrent, en quelque sorte, avec la campagne menĂ©e par lâUNESCO pour sauver des eaux les sites de Haute-Ăgypte et de Nubie, campagne initiĂ©e en 1960, et totalement achevĂ©e en France, dĂšs la toute fin du XVIIIe siĂšcle, deux ouvrages marquent lâopinion et les hommes politiques le Voyage en Ăgypte et en Syrie 1787 et Des Ruines ou MĂ©ditations sur les RĂ©volutions des Empires 1791 du comte de la Giraudais, dit Volnay ; ils vont inciter fortement Talleyrand et Bonaparte Ă lancer la campagne dâĂgypte. 01-Le gĂ©nĂ©ral Bonaparte devant le Sphinx, par Jean-LĂ©on GĂ©rĂŽme Wikipedia / San Simeon, California, USA Au retour de cette expĂ©dition qui fut par ailleurs un Ă©chec militaire, lâĂ©crivain et diplomate Vivant Denon connu pour sâĂȘtre vu confier la premiĂšre organisation des musĂ©es français passionna la France entiĂšre avec son rĂ©cit Voyage dans la Basse et la Haute-Ăgypte publiĂ© en 1802 et rééditĂ© durant tout le XIXe siĂšcle. Ensuite, le style Empire, conçu par les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine sur demande de NapolĂ©on lui-mĂȘme, prolongea cet effet et contribua Ă diffuser cet intĂ©rĂȘt dans toute lâ le voyagiste britannique Thomas Cook encore lui ! lança ses premiĂšres croisiĂšres sur le Nil, Ă bord de bateaux Ă vapeur, Ă partir de 1869 la bourgeoisie europĂ©enne eut ainsi trĂšs tĂŽt lâopportunitĂ© dâaller voir sur place les sites qui, Ă lâĂ©poque, Ă©taient dĂ©jĂ accessibles depuis le outre, durant tout le XIXe siĂšcle, de grands archĂ©ologues de toute lâEurope allĂšrent fouiller et expertiser ce patrimoine antique, donc en initier la conservation, en parallĂšle avec le mouvement de classement des monuments que connut autant la France que le reste de lâ donc dans la peau de voyageurs de la fin du XIXe siĂšcle ou du dĂ©but du XXe et laissons-nous guider dans un circuit qui, partant du Caire et de la Basse-Ăgypte, nous fera remonter jusquâen Haute-Ăgypte, puis en Nubie, sur la base dâune sĂ©lection de clichĂ©s conservĂ©s dans la StĂ©rĂ©othĂšque, dont certains tĂ©moignent dâun Ă©tat dĂ©finitivement rĂ©volu du site. Ces photos nous montrent que tous ces sites Ă©taient dĂ©jĂ offerts Ă la curiositĂ© des voyageurs privilĂ©giĂ©s du XIXe siĂšcle. Pendant longtemps, le seul moyen dây accĂ©der est le bateau Ă vapeur qui remonte le Nil. Mais, le chemin de fer arrive Ă Louxor et Ă Assouan en 1898, permettant dĂšs lors aux voyageurs une alternative en trains pourtant pas ces voyages comme de tout repos il fallait dĂ©jĂ plusieurs jours pour traverser la MĂ©diterranĂ©e en bateau Ă vapeur au dĂ©part de Marseille ou de GĂȘnes, aprĂšs Ă©ventuellement plusieurs jours de chemin de fer pour les europĂ©ens du nord de lâEurope â dont les Britanniques aprĂšs la traversĂ©e de la Manche. Ensuite, la remontĂ©e du Nil prenait elle-mĂȘme plusieurs jours ; Ă chaque Ă©tape, il fallait un transfert, parfois de plusieurs heures Ă dos de chameau, par des tempĂ©ratures avoisinant ou dĂ©passant les 40° C, la plupart des EuropĂ©ens conservant pour ces trajets leurs tenues de ville sombres, totalement inadaptĂ©es Ă ce climat ! La contrainte Ă©tait Ă©videmment la mĂȘme au dĂ©part des gares dâAssouan ou de Louxor lorsquâelles furent ouvertes. Bref, de tels voyages prenaient souvent un bon mois et nĂ©cessitaient une part dâintrĂ©piditĂ© quâon a du mal Ă imaginer de la part de voyageurs plus habituĂ©s au confort des beaux quartiers des grandes villes europĂ©ennes ! Touristes descendant dâune pyramide, 1905-1907, Collection Vergnieux, RVX428 Pour les photographes, aux contraintes gĂ©nĂ©rales du voyage sâajoutaient celles, spĂ©cifiques, liĂ©es Ă leur technique matĂ©riel lourd et encombrant, traitements chimiques des plaques et produits rĂ©vĂ©lateurs extrĂȘmement sensibles Ă la chaleur â et, naturellement aussi, au vent de sable. Enfin, Ă partir des annĂ©es 1860, avec la diffusion de techniques plus commodes, le photographe dĂ©veloppe de prĂ©fĂ©rence sur place, ce qui nĂ©cessite un surcroĂźt de bagages pour transporter son laboratoire itinĂ©rant bref, il faut alors Ă un photographe plusieurs chameaux pour transporter tout son barda » et le personnel pour les conduire, ainsi que, sur le Nil, une embarcation spĂ©cialement affrĂ©tĂ©e⊠Parvenir Ă rapporter en Europe des photos correctement exposĂ©es est donc Ă chaque fois un exploit dont on ne mesure peut-ĂȘtre pas lâampleur ! Ces documents doivent donc ĂȘtre regardĂ©s avec dâautant plus dâadmiration !Ainsi, câest avec le bateau atelier que lâon voit ci-dessous que le photographe Francis Frith opĂ©ra lors de plusieurs expĂ©ditions successives de 1856 Ă 1859 ; on lui doit notamment les vues MAG3886 Denderah, GV026 Karnak et WIE918 Louxor qui sont prĂ©sentĂ©es dans cette chronique. Sur cette pĂ©riode, la desserte du Nil en bateau Ă vapeur nâest pas encore mise en place câest donc entiĂšrement au moyen de felouques, ces voiliers traditionnels, quâil remonta le Nil Ă la force du vent. Cette immersion sur les sites antiques est en outre lâoccasion de constater que les menaces sur la conservation du patrimoine, sous prĂ©texte de dĂ©veloppement Ă©conomique, ne datent pas dâaujourdâhuiâŠMais ce circuit sera aussi lâoccasion dâallers-retours » avec les pĂ©riodes plus rĂ©centes, qui mettront en Ă©vidence les actions particuliĂšrement spectaculaires de sauvegarde de ce mĂȘme patrimoine qui furent entreprises et menĂ©es Ă bien dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle les sites de lâĂgypte antique concentrent ainsi, poussĂ©s Ă leur paroxysme, ces deux aspects antagoniques !Embarquons donc pour dix Ă©tapes photographiques. Par soucis de clartĂ©, elles ont Ă©tĂ© reportĂ©es sur la carte ci-contre, celle de lâexpĂ©dition Ă laquelle participa Jean-François Champollion avec lâUniversitĂ© du Grand-DuchĂ© de Toscane Ă partir de Philae, qui nâĂ©tait pas encore inondĂ©e en 1828, toutes les autres photos nous montrent les sites tels que Champollion a pu les admirer une cinquantaine dâannĂ©es plus tĂŽt. 04 - Ci-dessus, carte de lâexpĂ©dition franco-toscane en Egypte Ă laquelle participa Champollion en aoĂ»t 1828, sur laquelle ont Ă©tĂ© reportĂ©es encadrĂ©es en rose les dix Ă©tapes de notre parcours ci-aprĂšs Photo Ch. Bernadat / Carte du MusĂ©e Champollion Ă Figeac. Basse Ăgypte Gizeh dans les environs du Caire SituĂ© dans les environs du Caire, le plateau de Gizeh et ses nombreux monuments sera Ă©videmment notre premiĂšre Ă©tape. Vue dâensemble des pyramides du plateau de Gizeh, 1863-1915, Collection Magendie, MAG3064 Les ruines du temple, le sphinx et la grande pyramide de KhĂ©ops, plateau de Gizeh, 1896, Collection Magendie, MAG3038 Sur la vue ci-dessus, au premier plan, les ruines sont celles du petit temple qui Ă©tait consacrĂ© au dieu RĂȘ, le Dieu Soleil des Ăgyptiens. ImmĂ©diatement en arriĂšre, voici le sphinx, puis Ă lâarriĂšre-plan, la grande pyramide de KhĂ©ops. Cette derniĂšre est la plus grande et la plus volumineuse de toutes les pyramides dâĂgypte. Elle caractĂ©rise lâapogĂ©e de lâarchitecture monumentale Ă©gyptienne. En fait, le mausolĂ©e de KhĂ©ops nâest pas une simple pyramide câest un grand complexe funĂ©raire, comprenant plusieurs Ă©lĂ©ments, dont la pyramide est le plus impressionnant. Elle fut construite approximativement entre 2589 et 2566 avant KhĂ©ops est le nom du deuxiĂšme pharaon de la IVe dynastie de lâĂgypte antique qui marqua son rĂšgne par un dĂ©veloppement des mines de cuivre et de turquoise SinaĂŻ, Nubie. LâhorizontalitĂ© de lâĂ©difice est proche de la perfection. De 146,60 m de haut Ă sa construction, cet Ă©difice ne mesure plus que 138 m. Ses quatre faces sont orientĂ©es sur les points cardinaux. Le sphinx et la pyramide de KhĂ©ops, 1900-1915, Collection Wiedemann, WIE063 Le sphinx statue vivante » en Ă©gyptien regarde le soleil levant ; sa partie infĂ©rieure est ensablĂ©e. Il mesure 73,50 m de longueur et sa tĂȘte 5,20 m de haut ; la hauteur totale originelle du monument Ă©tait de 20,22 m. Il reprĂ©sente un lion Ă tĂȘte dâhomme ; taillĂ© directement dans la roche dâun promontoire calcaire, ses pattes avant sont en maçonnerie ; le tout Ă©tait autrefois recouvert dâune sorte de plĂątre peint. La tĂȘte est taillĂ©e dans un bloc rocheux qui dĂ©passait du promontoire. Quant au corps, il fut sculptĂ© progressivement, au fil du creusement de la roche. En descendant en profondeur, les ouvriers dĂ©couvrirent que le sol comportait diffĂ©rentes strates de calcaire, de diffĂ©rentes couleurs et dâune duretĂ© diffĂ©rente de la roche. Ceci explique pourquoi le corps du sphinx est striĂ© horizontalement, les diffĂ©rentes couches calcaires sâĂ©tant Ă©rodĂ©es Ă des vitesses diffĂ©rentes. Le sphinx de Gizeh est lâun des plus vieux et le plus grand des sphinx du monde. Il pourrait ĂȘtre le portrait gĂ©ant du pharaon KhĂ©phren qui lâa fait sculpter durant son rĂšgne 2558-2532 av. BĂ©douins devant la pyramide de KhĂ©phren, 1898, Collection Magendie, MAG0437 La pyramide de KhĂ©phren est la deuxiĂšme pyramide dâĂgypte par sa taille. Elle est Ă faces lisses et fut Ă©levĂ©e sous la IVe dynastie de lâAncien Empire pour le pharaon KhĂ©phren, fils de KhĂ©ops. Elle se dresse au sud-ouest de celle de son pĂšre, bien identifiable avec son sommet encore couvert de calcaire. LĂ©gĂšrement plus petite que celle de KhĂ©ops, elle paraĂźt pourtant plus haute car elle est Ă©rigĂ©e sur une proĂ©minence rocheuse avec un angle dâinclinaison supĂ©rieur Ă celui de la grande Ăgypte le site de Memphis Statue colossale de Ramses II, Ă lâĂ©poque sur le site de Memphis, 1915-1925, Collection Vergnieux, RVX271 La photo de cette statue est un document, trace dâune pĂ©riode rĂ©volue elle a en effet Ă©tĂ© prise sur le site de Memphis, ancienne capitale du pays, et non au Caire. Pour les Ă©gyptologues Sydney AufrĂšre et Jean-Claude Goyon, elle se trouvait, comme sa jumelle, Ă lâentrĂ©e du temple de Ptah Dans lâaxe de la ville, approximativement lĂ oĂč devait se trouver lâentrĂ©e, sâĂ©levaient deux colosses de RamsĂšs II. » Dâautres sources annoncent mĂȘme le chiffre de quatreâŠLe premier colosse, sculptĂ© dans du calcaire, a Ă©tĂ© dĂ©couvert en 1820 par Giovanni Battista Caviglia et Charles Sloane, couchĂ© face contre terre. Le bas des jambes brisĂ©, il nâa jamais Ă©tĂ© relevĂ©, mais a Ă©tĂ© dĂ©placĂ© en 1958 afin dâĂȘtre exposĂ© dans un bĂątiment construit sur le second colosse, celui de notre photo, fut dĂ©couvert pendant lâhiver 1853-1854, par Leonard Horner, un gĂ©ologue britannique, venu pour analyser la profondeur et lâaccroissement des alluvions du Nil. Il profita de cette mission pour entreprendre lâĂ©tude archĂ©ologique du site, sous la supervision de Joseph Hekekyan, un ingĂ©nieur armĂ©nien de Constantinople. LĂ©gĂšrement plus petit que le premier colosse, il gisait Ă 200 m au nord-ouest, brisĂ© en six morceaux. La statue demeurera sur place jusquâen 1887⊠Cette annĂ©e-lĂ , le major Arthur Bagnold voulut la soustraire Ă lâeffet des eaux du Nil qui le recouvraient pendant une longue pĂ©riode de lâannĂ©e et voulut la mettre Ă lâabri. Il en informa les autoritĂ©s et une maigre somme de 20 livres lui fut allouĂ©e. Câest ainsi que ce colosse fut dĂ©gagĂ©, puis traĂźnĂ© sur une butte voisine et surĂ©levĂ© afin quâil fĂ»t visible en y resta jusquâen fĂ©vrier 1955⊠date Ă laquelle le prĂ©sident Nasser, rĂ©cemment installĂ© Ă la tĂȘte du pays, la fit transporter et relever sur une place en plein centre du Caire, en face de la gare, au bout de la grande voie rebaptisĂ©e avenue RamsĂšs. La couronne, qui gisait Ă cĂŽtĂ© de la statue, fut Ă©galement rĂ©installĂ©e sur la tĂȘte du souverain. Mais la statue Ă©tait devenue invisible au milieu dâune circulation dĂ©bridĂ©e, et son calcaire Ă©tait fortement attaquĂ© par le gaz carbonique des pots dâĂ©chappement. 05 âLa statue colossale de RamsĂšs II, en face de la gare du Caire de 1955 Ă 2006 â Lâ Elle a Ă nouveau Ă©tĂ© transportĂ©e en grandes pompes en 2006 dans lâenceinte du Grand MusĂ©e Egyptien, bĂąti Ă la pĂ©riphĂ©rie du Caire, pour la mettre en valeur et la soustraire Ă la pollution automobile galopante. Les travaux ayant traĂźnĂ© en longueur, il faudra attendre janvier 2018 pour quâelle sâoffre enfin Ă lâadmiration des visiteurs, bien en vue Ă lâentrĂ©e du MusĂ©e. 06 - Statue colossale de Ramses II, dĂ©sormais Ă lâabri Ă lâentrĂ©e du Grand MusĂ©e Egyptien du Caire Image virtuelle Egytian Grand Museum / Lâ Par deux fois donc, le dĂ©placement et la mise en sĂ©curitĂ© du colosse ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par le gouvernement en place comme un symbole de puissance politique. Mais, ce motif servit aussi effectivement Ă la sauvegarde de cette piĂšce tout Ă fait exceptionnelle hĂ©ritĂ©e de lâĂgypte Ăgypte Saqqarah, la pyramide de DjĂ©ser La pyramide Ă degrĂ©s de DjĂ©ser, 1867-1876, Collection Magendie, MAG3065 Saqqarah est le nom de lâancienne nĂ©cropole de la citĂ© de Memphis, une des capitales de lâĂgypte antique. SituĂ©e Ă moins de 30 kilomĂštres du Caire, sur la rive gauche du Nil, presque en face de Memphis elle-mĂȘme, elle contient les sĂ©pultures de nombreux pharaons et hauts fonctionnaires Ă©gyptiens. La nĂ©cropole est impressionnante elle mesure 6 km de long sur 1,5 km de large, soit la plus grande superficie dâune nĂ©cropole Ă©gyptienne, sur un vaste plateau qui domine la vallĂ©e du Nil. Le complexe funĂ©raire compte une quinzaine de monuments de diffĂ©rentes Ă©poques. Lorsque la Haute et la Basse Ăgypte furent rĂ©unies en un seul royaume, les premiĂšres tombes firent leur apparition sur le site principalement celles des grands notables. Au dĂ©but, les tombeaux nâĂ©taient pas encore des pyramides, mais des mastabas, grandes constructions rectangulaires dâabord en briques puis en monument le plus intĂ©ressant de Saqqarah est cette pyramide Ă degrĂ©s, tombeau du pharaon DjĂ©ser ou Djoser IIIe dynastie. Il sâagit de la premiĂšre pyramide Ă©gyptienne et du premier tombeau construit intĂ©gralement en pierres, dans le but de rĂ©sister aux Ă©preuves du temps. Son architecte fut le cĂ©lĂšbre Imhotep celui qui vient en paix » en Ă©gyptien. En construisant un mastaba dâenviron 121 m de long sur 109 m de large, puis en en superposant dâautres de tailles dĂ©croissantes jusquâau sommet, son idĂ©e Ă©tait de rapprocher le plus possible le souverain du ciel et donc des dieux. Cette structure en degrĂ©s peut donc ĂȘtre vue comme une sorte dâescalier divin » pour faciliter lâascension du pharaon Denderah, le temple dâHathor La façade du temple dâHathor Ă Denderah, 1856-1859, Collection Magendie, MAG3886 Denderah est Ă 460 km au sud du Caire. Le temple dâorigine, dĂ©diĂ© Ă la dĂ©esse Hathor, fut construit par PĂ©pi 1er sous la VIe dynastie. Le temple actuel fut fondĂ© le 16 juillet 54 avant notre Ăšre, jour du lever hĂ©liaque annuel de Sirius. Les travaux commencĂšrent sous le rĂšgne de PtolĂ©mĂ©e XII AulĂšte, pĂšre de ClĂ©opĂątre. Cette derniĂšre lui succĂšde en 51 avant notre Ăšre. Cette nouvelle construction fut achevĂ©e trente-quatre ans plus tard, sous le rĂšgne dâAuguste. La dĂ©coration des parois se poursuivit jusquâĂ la fin de la pĂ©riode romaine. Câest la raison pour laquelle, Ă lâintĂ©rieur du temple, on peut trouver les cartouches dâAuguste, de TibĂšre, de Caligula, de Claude et de Karnak et Louxor site de lâancienne ThĂšbes A environ 500 km au sud du Caire, faisons halte Ă Louxor, lâancienne ThĂšbes, sur la rive est du Nil. La StĂ©rĂ©othĂšque conserve les vues de deux monuments distincts quâil convient de ne pas confondre le grand temple dâAmon au sein du complexe religieux de Karnak, et un second temple dâAmon, Ă la pĂ©riphĂ©rie immĂ©diate de Louxor. La salle hypostyle du grand temple dâAmon de Karnak, 1856-1859, Collection Vicente, GV026 Nous avons ici une des vues les plus anciennes de nos collections. Le complexe religieux de Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylĂŽnes, et dâautres bĂątiments situĂ©s au nord de ThĂšbes, aujourdâhui ville de Louxor. Ce complexe religieux, a Ă©tĂ© construit et dĂ©veloppĂ© pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de SĂ©sostris Ier, au Moyen Empire, jusquâĂ lâĂ©poque ptolĂ©maĂŻque ; il sâĂ©tend sur plus de 2 km2, morcelĂ© en trois domaines », chacun entourĂ© de sa propre enceinte. Câest le plus grand complexe religieux de toute lâAntiquitĂ©. Le temple le plus important, le Grand Temple dâAmon, date de la XVIIIe dynastie. Il Ă©tait consacrĂ© Ă la triade thĂ©baine, avec Ă sa tĂȘte le dieu Amon-RĂȘ. Il Ă©tait reliĂ© au temple de Louxor voir ci-aprĂšs par une allĂ©e de sphinx de prĂšs de trois kilomĂštres de long. Le site a fait lâobjet de fouilles conduites dĂšs le XIXe siĂšcle par des archĂ©ologues français, dĂ©sormais organisĂ©s depuis 1967 au sein du Centre franco-Ă©gyptien dâĂ©tude des temples de Karnak. Bien que toujours en ruine, le site a nĂ©anmoins fait lâobjet dâun redressement des colonnes comme on peut en juger sur la photo dâensemble ci-contre la salle hypostyle Ă©tant au centre du second plan, bel exemple de conservation respectueuse de lâĂ©difice. 07 â Vue dâensemble du complexe religieux de Karnak avec, au centre, la salle hypostyle du Grand Temple dâAmon Jerzy Strzelecki / Wikipedia Trois kilomĂštres plus loin, voici le temple dâAmon de Louxor. Vue du temple de Louxor, 1857, Collection Wiedemann, WIE918 La vue WIE918 qui nous est prĂ©sentĂ©e ci-dessus â Ă©galement une des plus anciennes concernant lâĂgypte au sein de la StĂ©rĂ©othĂšque â est malheureusement peu explicite ; câest une vue latĂ©rale du temple depuis le nord-ouest qui laisse voir en arriĂšre-plan le minaret de la mosquĂ©e de Louxor toujours prĂ©sente aujourdâhui. 08-Le temple dâAmon Ă Louxor vu du nord-ouest avec, en arriĂšre-plan, le mĂȘme minaret que sur la WIE918 Marc Ryckaert / Wikipedia Une fois franchis les pylĂŽnes du temple qui marquaient son entrĂ©e, on peut admirer ce qui reste de la grande colonnade qui formait lâintĂ©rieur de lâancien temple. Les murs tout autour portent la reprĂ©sentation des diffĂ©rentes phases de la fĂȘte de lâOpet ; Ă lâentrĂ©e de la colonnade, se trouvent deux groupes de statues. La grande colonnade du temple de LouxorI, 1898, Collection Magendie, MAG0515 Haute-Ăgypte Louxor ancienne ThĂšbes, Les colosses de Memnon Les colosses de Memnon Ă ThĂšbes, 1863-1915, Collection Magendie, MAG3036 Les colosses de Memnon sont deux statues de pierre monumentales situĂ©es sur la rive occidentale de ThĂšbes, sur la route qui mĂšne Ă la nĂ©cropole thĂ©baine. Elles sont les derniers vestiges du gigantesque temple dâAmenhotep III, construit durant la XVIIIe dynastie, qui nâexiste plus de nos jours. Depuis 1998, le site du temple est fouillĂ© par la Mission des colosses de Memnon et du temple dâAmĂ©nophis III, dirigĂ©e par lâĂ©gyptologue ArmĂ©nien Hourig Edfou Edfou Behdet, Apollinopolis est situĂ© sur la rive gauche du Nil entre Louxor et Assouan, Ă 105 km au sud de cette derniĂšre. Toutefois, la vue que nous montrons ci-aprĂšs nâest pas prise sur ce site mais au sein du Parc Egyptien de lâExposition Universelle de Paris en avons dĂ©jĂ soulignĂ© Ă lâoccasion de plusieurs de nos Unes » le climat de modernitĂ© qui a marquĂ© la France du Second Empire dans le mĂȘme Ă©lan que dans toute lâEurope. Nous en avons ici un nouvel exemple Ă lâoccasion de cette Exposition Universelle, lâĂgypte qui est en 1867 un pays indĂ©pendant qui se veut moderne expose, entre autres, une reconstitution rĂ©duite du temple dâEdfou. Il sâagit non seulement dâoffrir aux visiteurs une vision caractĂ©ristique du pays, mais dâattirer aussi les premiers touristes Ă©videment au sein de la bourgeoisie favorisĂ©e pour un circuit de tourisme culturel au sein du pays de la publicitĂ© touristique avant lâheure, il y a plus de 150 ans ! Reconstitution Ă Ă©chelle rĂ©duite du temple dâEdfou au sein du Parc Egyptien, Exposition Universelle de Paris, 1867, Collection Archives Nationales, AN287-1 Le temple rĂ©el, dĂ©diĂ© au culte dâHorus, est le plus grand temple de la dynastie lagide et le deuxiĂšme sanctuaire le plus important dâĂgypte aprĂšs Karnak 137 m de long, 79 m de large, 36 m de haut pour les pylĂŽnes. Construit entre 237 et 57 av. il est lâun des mieux prĂ©servĂ©s dâ Ăgypte lâĂźle de Philae Vue dâensemble de lâĂźle de Philae, avec sur la gauche son temple et Ă droite le kiosque de Trajan, 2de moitiĂ© du XIXe siĂšcle, Collection SAB, SAB033 Philae se situe sur la 1Ăšre cataracte du Nil, au sud dâAssouan, Ă presque 700 km au sud du Caire. Cette Ăźle comprenait les ruines dâune ville de lâĂgypte ancienne, avec, notamment, le magnifique petit temple dâIsis. Jusquâen 1902, les ruines de lâensemble antique de Philae sont au sec sur une Ăźle. 09- Le site de Philae tel quâil se prĂ©sentait jusquâen 1902 Wikimedia / David Roberts Le rapprochement entre la vue SAB033 ci-dessus et RVX436 plus bas est particuliĂšrement intĂ©ressant depuis lâinauguration du grand barrage dâAssouan en 1970, qui noya dĂ©finitivement le site, notre mĂ©moire collective avait peut-ĂȘtre un peu oubliĂ© que, dĂ©jĂ en 1894 les Britanniques avaient entrepris la construction dâun premier barrage juste en aval, Ă Assouan, pour dĂ©velopper lâirrigation et, en particulier, pour promouvoir sur de vastes surfaces une culture pratiquement industrielle du coton ! 10 â Le site de Philae aprĂšs la construction du 1er barrage dâAssouan Photo Luigi Fiorillo / TIMEA / Wikimedia Ce barrage, mis en eau en 1902, a eu immĂ©diatement pour effet dâinonder le site de Philae 10 mois sur 12, en dehors de la saison sĂšche. Ainsi, Ă partir de cette date, les touristes devaient venir sur le site en barque, ce que Pierre Loti dĂ©plora profondĂ©ment dans un texte La mort de Philae ». Câest donc de cet Ă©tat que la photo ci-dessous tĂ©moigne. En outre, le premier barrage fut surĂ©levĂ© par deux fois entre 1907 & 1912, puis entre 1929 & 1934 aggravant Ă chaque fois les dommages causĂ©s aux Ă©difices. Le temple de Philae inondĂ©, 1905-1907, Collection Vergnieux, RVX436 Le temple dâIsis, situĂ© dans le quart sud-ouest de lâĂźle, est la principale construction de Philae. Lâesplanade situĂ©e devant le premier pylĂŽne est fermĂ©e par un portique aux chapiteaux variĂ©s. Le mur occidental est percĂ© de fenĂȘtres donnant sur lâĂźle de Biggeh, dĂ©sormais un petit Ăźlot depuis le dĂ©placement du temple, et dâun escalier entre la douziĂšme et la treiziĂšme colonne menant Ă un nilomĂštre ». La corniche du portique est dĂ©corĂ©e de disques solaires situĂ©s prĂ©cisĂ©ment face aux temples dâArensnouphis, de Biggeh et dâImhotep ; le plafond est ornĂ© de vautours aux ailes dĂ©ployĂ©es regardant vers lâouest. Le kiosque de Trajan, 1905-1907, Collection Vergnieux, RVX431 Sur un cĂŽtĂ© de lâĂźle, le kiosque de Trajan est bien une construction rĂ©alisĂ©e sous le rĂšgne de lâempereur romain Trajan. InachevĂ©, ce pavillon trĂšs Ă©lĂ©gant Ă©tait le seul visible lorsque lâĂźle Ă©tait submergĂ©e. Câest une petite construction en forme de portique rectangulaire, mise en chantier vers lâan 100. Elle comporte quatorze colonnes avec de beaux chapiteaux campaniformes. A lâintĂ©rieur, sur deux de ses murs, on voit lâempereur cĂ©lĂ©brer les rites dâoffrandes Ă Isis et Horus, puis Ă Isis et Osiris. Les processions qui se rendaient sur lâIle accostaient ici et passaient vraisemblablement sous ce kiosque. Les chapiteaux des quatorze colonnes du kiosque sâĂ©tagent en ombrelles de papyrus de taille croissante entre lesquelles sâintercalent des boutons floraux. Le kiosque devait servir de reposoir Ă la barque sacrĂ©e de la dĂ©esse Isis lorsque celle-ci quittait lâĂźle ou la rejoignait, Ă lâoccasion de cĂ©rĂ©monies partir de 1960, aprĂšs plusieurs annĂ©es de tractations politiques et dâarrangements financiers, le prĂ©sident Nasser prit la dĂ©cision dĂ©finitive de la construction du haut barrage dâAssouan. Ce projet constituait une nouvelle menace pour Philae, car lâĂźle se trouvait entre les deux barrages. Le lac de retenue de lâancien barrage dâAssouan fut en partie transformĂ© mais maintenu. Il Ă©tait prĂ©vu dâabaisser le niveau moyen de ce lac qui atteindrait alors le premier pylĂŽne du temple dâIsis Ă la moitiĂ© de sa hauteur, permettant aux ruines dâĂȘtre en plus grande partie Ă lâair libre. Mais cette transformation induisait une hausse du niveau de la nappe phrĂ©atique ; lâĂźle ne pouvait donc plus ĂȘtre totalement Ă sec pendant une partie de lâannĂ©e. En outre, les fluctuations quotidiennes du niveau du lac devaient atteindre six mĂštres dâamplitude, risquant de provoquer une Ă©rosion accrue des pierres et une accĂ©lĂ©ration de la disparition des sauvetage de Philae fut alors dĂ©cidĂ© par lâUNESCO qui lança Ă cette occasion des travaux dâune ampleur inĂ©dite, la solution retenue Ă©tant la mĂȘme que pour les temples dâAbou Simbel quelques annĂ©es plus tĂŽt voir plus bas le dĂ©montage des ruines et leur reconstruction sur un nouveau site Ă lâabri des eaux du lac. Ce dĂ©placement fut orchestrĂ© par le ministĂšre de la Culture Ă©gyptien et les services dâarchĂ©ologie du Caire sous lâĂ©gide de lâUNESCO, la responsabilitĂ© du projet Ă©tant confiĂ©e Ă Christiane Desroches Noblecourt, cĂ©lĂšbre Ă©gyptologue française, dĂ©jĂ Ă lâorigine du sauvetage des temples dâAbou Simbel. LâĂgypte prit Ă son compte la moitiĂ© du coĂ»t de ce transfert. Le dĂ©placement des temples Ă proprement parler commença avec le dĂ©coupage des ruines et leur transport en barges vers un site de stockage provisoire. Entretemps, lâĂźle dâAguilkia situĂ©e Ă environ trois cents mĂštres au nord-ouest de Philae fut prĂ©parĂ©e pour accueillir les ruines. Le sauvetage fut achevĂ© en 1976. Malheureusement, des dizaines dâautres sites archĂ©ologiques dâĂgypte, jugĂ©s de moindre importance, mais qui faisaient encore lâobjet de recherches, ont Ă©tĂ© dĂ©finitivement engloutis par la montĂ©e des eaux. 11 â Le temple de Philae tel quâil apparaĂźt dĂ©sormais sur lâĂźle dâAgilika, Ă quelques centaines de mĂštres de lâancien site de Philae Wikimedia Basse Nubie Le temple de Maharraqa Le temple de Maharraqa en Basse-Nubie, situĂ© Ă environ 1 010 km du Caire, est le site le moins connu de tout notre parcours, souvent ignorĂ© des guides francophones. Le temple dâAl-Maharraqa en Basse-Nubie, 2Ăšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle, Collection SAB, SAB032 Il sâagit dâun ancien temple Ă©gyptien dĂ©diĂ© Ă Isis et SĂ©rapis. Maharraqa, en Basse Nubie, se situe Ă environ 140 km au sud dâAssouan. Quelques annĂ©es aprĂšs la conquĂȘte romaine de lâĂgypte en 30 avant JC, les Koushites du royaume de MĂ©roĂ© ont lancĂ© un raid sur la premiĂšre cataracte. Le prĂ©fet romain dâĂgypte, PĂ©trone, a ripostĂ© et vaincu lâarmĂ©e dâinvasion mĂ©roĂŻtique. Il a ensuite placĂ© une garnison romaine de 400 hommes Ă lâavant-poste sud du territoire une frontiĂšre entre le royaume de MĂ©roĂ© et lâĂgypte romaine a ainsi Ă©tĂ© Ă©tablie Ă Maharraqa ; câĂ©tait alors la frontiĂšre sud de lâĂgypte romaine. Aujourdâhui, la frontiĂšre entre lâĂgypte moderne et le Soudan se trouve Ă plusieurs centaines de kilomĂštres plus au sud, au-delĂ dâAbou temple Ă©tait dĂ©diĂ© aux anciens dieux Ă©gyptiens Isis et SĂ©rapis. Construit par les Romains, il ne peut ĂȘtre attribuĂ© avec certitude au rĂšgne dâun empereur romain en particulier puisquâil nâa jamais Ă©tĂ© entiĂšrement achevĂ© ni inscrit. Cependant, dans la mesure oĂč la construction de temples a dĂ©clinĂ© en Nubie aprĂšs le rĂšgne dâAuguste, le temple de Maharraqa pourrait ĂȘtre attribuĂ© Ă son rĂšgne. La seule partie de la structure achevĂ©e Ă©tait une cour de 13,5 m sur 15,7 m, entourĂ©e sur trois cĂŽtĂ©s par des colonnes câest exactement ce que nous montre notre photo temple de Maharraqa a lui aussi dĂ» ĂȘtre dĂ©placĂ© en 1966 Ă cause de la construction du barrage dâAssouan sur le site dit du nouveau Wadi es-Sebua », Ă 4 km Ă lâouest de lâemplacement dâorigine. Pour ce cas prĂ©cis, lâĂgypte finança la totalitĂ© du Les temples dâAbou Simbel Le petit temple » dâAbou Simbel, 1863-1915, Collection Magendie, MAG3054 Ainsi se termine notre circuit Ă©gyptien une vĂ©ritable vitrine en matiĂšre de sauvetage du patrimoine monumental antique ! 12- Les deux temples dâAbou Simbel tels quâils apparaissent dĂ©sormais sur leur nouveau site Ă gauche, celui de RamsĂšs II et Ă droite celui de NĂ©fertari ; le lit du Nil se trouve juste en arriĂšre du photographe. â Holger Weinandt / Wikipedia Ainsi se termine notre circuit Ă©gyptien une vĂ©ritable vitrine en matiĂšre de sauvetage du patrimoine monumental antique !
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Lecouple d'artistes Christo et Jeanne-Claude, célÚbre pour ses installations iconoclastes, envisage de construire dans le désert d'Abu Dhabi une gigantesque pyramide faite de barils de pétrole, rapporte le quotidien bulgare Dnevnik.
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Parmiles titres honorifiques utilisĂ©s dans l'Ăgypte antique, on trouve souvent celui de sÈb ou sËáž„ [1], c'est-Ă -dire dignitaire, mais d'un rang inconnu.Toutefois, il est souvent observĂ© que mĂȘme de hauts fonctionnaires, Ă titre posthume, portent seulement ce titre, signifiant alors la supĂ©rioritĂ©, mais gĂ©nĂ©ralement il est en prĂ©fixe d'autres, tels que :
Des archĂ©ologues ont annoncĂ© avoir dĂ©couvert par hasard la tombe d'un scribe royal dans la vaste nĂ©cropole de ThĂšbes en Ăgypte. Vieille de ans, la chambre funĂ©raire prĂ©sente des murs richement dĂ©corĂ©s de dieux mais aussi de babouins. Une tombe peut en cacher une autre. C'est ce qu'ont dĂ©couvert des archĂ©ologues japonais menant des fouilles Ă Louxor en Ăgypte. Anciennement nommĂ©e ThĂšbes, la ville est cĂ©lĂšbre pour les nombreux temples et nĂ©cropoles antiques qu'elle abrite. C'est ainsi sur l'un de ces sites que Jiro Kondo et son Ă©quipe de l'UniversitĂ© de Waseda ont mis au jour une sĂ©pulture inconnue. Alors qu'ils nettoyaient les dĂ©bris de la tombe d'Userhat, un officiel au service du pharaon Amenhotep III, les archĂ©ologues ont dĂ©couvert un trou au niveau de l'avant-cour. En l'explorant, ils ont constatĂ© que la cavitĂ© menait vers une chambre funĂ©raire sĂ©parĂ©e et totalement Jiro Kondo et son Ă©quipe, la tombe en forme de T aurait plus de ans et remonterait Ă la pĂ©riode ramesside entre 1292 et 1069 avant notre Ăšre. Quant Ă l'identitĂ© de son propriĂ©taire, celle-ci a rapidement pu ĂȘtre dĂ©terminĂ©e grĂące aux hiĂ©roglyphes prĂ©sents sur les murs de la sĂ©pulture. NommĂ© Khonsu, le dĂ©funt dĂ©tenait "le titre de scribe royal". Une tombe richement dĂ©corĂ©eOutre des hiĂ©roglyphes, la tombe est richement dĂ©corĂ©e de scĂšnes reprĂ©sentant le dĂ©funt et des dieux. "Sur la partie Sud du mur Est du hall transversal, Khonsu et sa femme sont montrĂ©s adorant les dieux Osiris et Isis. DerriĂšre Khonsu et sa femme se trouve une reprĂ©sentation de deux divinitĂ©s Ă tĂȘte de bĂ©lier, probablement, Khnoum ou Khnoum-RĂȘ", expliquent les archĂ©ologues dans un communiquĂ©. La frise observĂ©e au niveau du plafond est selon Jiro Kondo, d'un style typique de la pĂ©riode ramesside. Mais une autre scĂšne a attirĂ© l'attention des spĂ©cialistes. "Sur le mur Nord de l'entrĂ©e, se trouve une scĂšne gravĂ©e montrant le bateau solaire du dieu RĂȘ-Atoum adulĂ© par quatre babouins en pose d'adoration", expliquent-ils. Bien qu'ils ne soient pas natifs de la rĂ©gion, les babouins Ă©taient des animaux trĂšs apprĂ©ciĂ©s durant lâĂgypte les historiens, ils Ă©taient mĂȘme rĂ©guliĂšrement associĂ©s Ă RĂȘ-Atoum, le dieu crĂ©ateur et parfois dĂ©crits comme la muse spirituelle des scribes. Ce qui expliquerait probablement la prĂ©sence de l'animal sur les murs de la tombe de Khonsu qualifiĂ© de "vĂ©ritable scribe renommĂ©". Des fouilles Ă poursuivre Selon les images dĂ©voilĂ©es par l'Ă©quipe, les peintures sont dans un Ă©tat variable. Certaines sont encore clairement visibles alors que d'autres ont Ă©tĂ© effacĂ©es par le temps. De façon gĂ©nĂ©rale, celles du plafond paraissent mieux conservĂ©es que celles des murs. Une Ă©tude plus approfondie pourrait permettre d'en apprendre plus sur le dĂ©funt mais les fouilles sont loin d'ĂȘtre terminĂ©es. Les archĂ©ologues pensent que toute une partie de la tombe reste Ă mettre au jour. "L'entrĂ©e de la chambre intĂ©rieure est actuellement obstruĂ©e par des colonnes de blocs rocheux", prĂ©cisent les chercheurs dans le communiquĂ©. Ils s'attendent ainsi Ă dĂ©couvrir davantage de murs peints Ă l'intĂ©rieur de cette piĂšce inexplorĂ©e.
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Cet article est issu du Hors-sĂ©rie de Sciences et Avenir n°197 datĂ© avril-mai 2019. Le parcours effectuĂ© par la dĂ©pouille du pharaon ressemble peu au cheminement post mortem quâimaginaient les anciens Ăgyptiens, dĂ©crit notamment dans le Livre des morts. Ă lâissue de ce voyage fait dâĂ©preuves, de dangers, de monstres, de chausse-trapes et dâĂ©nigmes insolubles, le dĂ©funt - suprĂȘme rĂ©compense - peut renaĂźtre chaque matin grĂące au Soleil rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Et Pharaon maintenir lâordre cosmique, car il est le garant de la permanence des choses. Au fond, les Ăgyptiens nâont quâune peur que le ciel leur tombe sur la tĂȘte. Et ils rĂȘvent quâaprĂšs la mort, rien ne change dans ce monde parfait. "Ils avaient plusieurs mots pour parler du temps et de lâĂ©ternitĂ©, explique FrĂ©dĂ©ric Servajean, Ă©gyptologue, professeur Ă lâUniversitĂ© Montpellier III. Notamment djet et neheh. Souvent accolĂ©s dans les textes, ils ont Ă©tĂ© traduits par 'pour toujours et Ă jamais'. Faute de mieux. Car, en fait, ils dĂ©signent des Ă©ternitĂ©s diffĂ©rentes et complĂ©mentaires. Djet est utilisĂ© pour ce qui est immuable, la structure du monde, le ciel, la montagne, etc. Neheh, au contraire, dĂ©signe un temps cyclique, ce qui se modifie, comme le Nil avec ses crues, les Ă©toiles qui se dĂ©placent dans le ciel, la vĂ©gĂ©tation qui Ă©volue selon les saisons. Le divin, qui est djet par essence, se manifeste auprĂšs des humains Ă travers ce qui est neheh." Or, le souhait des Ăgyptiens est de devenir immuables. Dans cette quĂȘte de stabilitĂ©, Pharaon joue un rĂŽle clĂ©, incarnant la survie dâun royaume autour duquel rĂšgne le chaos le dĂ©sert et ses animaux sauvages, lâĂ©trangerâŠ. Sa mort est conçue comme un passage et son tombeau comme le lieu du cheminement magique. Les pyramides sont abandonnĂ©es par les rois au profit d'hypogĂ©es Paradoxe dĂšs lâAncien Empire, les tombes furent presque systĂ©matiquement violĂ©es. Les gĂ©nĂ©rations suivantes nâeurent de cesse de trouver un moyen dâĂ©viter les dĂ©prĂ©dations, et les pilleurs de dĂ©nicher lâentrĂ©e des sĂ©pultures⊠La vallĂ©e des Rois, prĂšs de lâactuelle Louxor, oĂč sont construites Ă partir du Nouvel Empire les derniĂšres demeures des souverains, constitue une tentative pour les en empĂȘcher. AprĂšs les troubles de la fin du Moyen Empire, deux pharaons, Kamosis dernier roi de la DeuxiĂšme PĂ©riode intermĂ©diaire et Ahmosis premier du Nouvel Empire, entreprennent de rĂ©unifier lâĂgypte. Leur rĂ©ussite marque le dĂ©but dâune pĂ©riode de stabilitĂ© prospĂšre. ThĂšbes, dâoĂč sont issus les souverains, acquiert une importance religieuse majeure. Et Amon, dieu tutĂ©laire de la citĂ©, devient de fait celui du pays tout entier, trĂšs tĂŽt associĂ© Ă RĂȘ, sous la forme dâAmon-RĂȘ. Des personnes regardent, le 20 octobre 2004, le sarcophage en bois peint dorĂ© et dĂ©corĂ© de la momie du pharaon Ahmosis. CrĂ©dits THOMAS COEX / AFP Câest Ă©galement Ă partir de cette Ă©poque que de nouvelles pratiques funĂ©raires se mettent en place. Les pyramides sont abandonnĂ©es par les rois au profit de tombes creusĂ©es hypogĂ©es dans la montagne qui se dresse de lâautre cĂŽtĂ© du fleuve. "Ce changement dâarchitecture implique-t-il une nouvelle fonction, ou est-il simplement dĂ» Ă la gĂ©ographie dâune rĂ©gion importante Ă cette pĂ©riode ? sâinterroge lâĂ©pigraphiste Philippe Martinez, ingĂ©nieur de recherche CNRS au Laboratoire dâarchĂ©ologie molĂ©culaire et structurale Sorbonne UniversitĂ©. Au temps des pyramides, les centres politiques et religieux Ă©taient situĂ©s dans le nord du pays, dans un paysage particuliĂšrement plat. Pour avoir une montagne sacrĂ©e, il fallait lâĂ©difierâŠ" Rien n'a jamais dĂ©couragĂ© les pillards A ThĂšbes, la montagne qui domine la rive gauche, et dont la forme Ă©voque celle dâune pyramide, sâimpose. Dâautant quâelle est dĂ©jĂ chargĂ©e de puissance sacrĂ©e. Ă ses pieds, Deir el-Bahari, un cirque cernĂ© de falaises, sert depuis longtemps de nĂ©cropole. Le site est liĂ© Ă Hathor, dĂ©esse de la sexualitĂ© qui accueille le mort, lui redonne naissance et lâallaite. Les pharaons de la 18e dynastie trouvent donc dans ce paysage mythique et mystique une Ă©minence naturelle qui reliera leur sĂ©pulture au divin, et des oueds arides et inhospitaliers pour - espĂšrent-ils - prĂ©venir les pillages. Ils constitueront mĂȘme un dispositif policier pour protĂ©ger cette gorge une garde royale formĂ©e de medjay, guerriers dâorigine nubienne. Cependant, lâendroit ne connaĂźtra pas que le calme et le silence espĂ©rĂ©s. Ce que lâon appelle la vallĂ©e des Rois se trouve, certes, Ă lâabri des crues du Nil. Mais cet oued a Ă©tĂ© creusĂ© par des torrents pluviaux qui, lorsquâils se rĂ©veillent, sâavĂšrent dĂ©vastateurs. Bien des tombes, Ă commencer par celles de RamsĂšs II et de ses fils, ont Ă©tĂ© comblĂ©es par la boue. Plus grave encore, aucun dispositif nâa jamais totalement dĂ©couragĂ© les pillards. Câest Amenhotep Ier 1525-1504 qui aurait inaugurĂ© la vallĂ©e des Rois. Si son tombeau nâa pas encore Ă©tĂ© identifiĂ© avec certitude, lui et sa mĂšre, AhmĂšs-Nefertari, apparaissent sur les parois de sĂ©pultures de notables ramessides, dont celles dâartisans royaux de Deir el-MĂ©dineh. Ils y sont montrĂ©s, en procession, comme les patrons de la nĂ©cropole. La premiĂšre tombe royale dont on connaisse sans doute aucun le destinataire est celle de la reine-pharaon Hatchepsout 1479-1457. Avant de sây faire enterrer, elle y installa la dĂ©pouille de son pĂšre, Thoutmosis Ier 1492-1479, la sĂ©pulture creusĂ©e pour ce dernier restant vide. Les archĂ©ologues pensent lâavoir mise au jour, sans preuve formelle. "La vallĂ©e des Rois a Ă©tĂ© occupĂ©e selon une organisation chronologique, les tombes Ă©tant disposĂ©es comme en Ă©ventail, observe Philippe Martinez. Ainsi viennent dâabord celles dâHatchepsout et de ses successeurs, Thoutmosis III, Amenhotep II, Thoutmosis IV, etc. Quand cette premiĂšre boucle est bouclĂ©e, Amenhotep III sâinstalle dans un autre lieu, la vallĂ©e de lâOuest." Amenhotep IV, futur AkhĂ©naton 1353-1337, se fait lui aussi creuser une tombe dans cette mĂȘme vallĂ©e occidentale avant de dĂ©placer la cour Ă Amarna. Quant au pharaon AĂż, il y fut Ă©galement inhumĂ©, dans un tombeau qui semble-t-il avait Ă©tĂ© prĂ©vu pour son jeune prĂ©dĂ©cesseur, Toutankhamon. Mais Horemheb, gĂ©nĂ©ral devenu pharaon, reviendra dans la vallĂ©e des Rois pour se faire amĂ©nager le plus beau des hypogĂ©es de lâoued. AkhĂ©naton, la rĂ©volution culturelle⊠à des fins personnelles. DĂ©laissant le culte dâAmon-RĂȘ, le pharon Amenothep IV fait construire Ă Karnak, sur la rive opposĂ©e Ă la vallĂ©e des Rois, un temple au dieu RĂȘ-Horakhty se manifestant dans la lumiĂšre Ă©mise par le disque solaire. Il impose ce dieu au dĂ©triment dâAmon mais aussi bientĂŽt de toutes les autres divinitĂ©s. Puis il se rebaptise AkhĂ©naton "le profitable au Disque [solaire]" et fonde, en Moyenne Ăgypte, la ville dâAkhĂ©taton la moderne Amarna. Câest lĂ quâil sera enterrĂ©, aprĂšs dix-sept ans de rĂšgne. Entre-temps, le pays aura connu une rĂ©forme religieuse, politique et sociĂ©tale dont il est difficile de mesurer lâampleur. Mais a-t-il pour autant inventĂ© un monothĂ©isme, comme lâaffirment dâaucuns ? "En rĂ©alitĂ©, les grandes cosmogonies Ă©gyptiennes parlent depuis longtemps dâun dieu dĂ©miurge unique se manifestant sous diffĂ©rentes formes, explique lâĂ©gyptologue Philippe Martinez. DĂšs lors, on ne peut exclure que les divinitĂ©s du panthĂ©on Ă©gyptien aient dĂ©jĂ Ă©tĂ© perçues comme les avatars du dieu originel." Dans ce cas, en quoi cette parenthĂšse dite amarnienne aurait-elle changĂ© la donne ? "Peu de textes subsistent de cette Ă©poque, reprend lâĂ©gyptologue. On ne sait mĂȘme pas si la croyance en Aton devient obligatoire. LorsquâAmenhotep IV-AkhĂ©naton arrive au pouvoir, lâĂ©lite se livre dĂ©jĂ Ă des spĂ©culations religieuses. DĂšs le rĂšgne de Thoutmosis III, une piĂ©tĂ© personnelle sâĂ©tait dĂ©veloppĂ©e. Des hymnes reproduits sur les parois de certaines chapelles funĂ©raires de la vallĂ©e des Nobles montrent que ce nâĂ©tait plus le roi qui priait pour le dĂ©funt, mais ce dernier qui sâadressait directement aux dieux solaires, RĂȘ-Horakhty et Amon-RĂȘ." Perçu sans doute comme un retour aux sources, ce nouveau paradigme religieux serait alors apparu comme une façon, pour AkhĂ©naton, de reprendre la main. Non seulement en soulignant avec force le rĂŽle central dâun dieu dĂ©miurge, mais en affirmant son pouvoir, celui dâun pharaon divinisĂ© de son vivant. "Plus quâĂ lâĂ©mergence dâune idĂ©e rĂ©volutionnaire, on assiste en rĂ©alitĂ© Ă une forme de rĂ©action, prĂ©cise le chercheur. Un retour Ă lâĂ©poque glorieuse des 5e et 6e dynasties, quand le roi Ă©tait le seul interlocuteur du divin." Le modĂšle proposĂ© nâest plus celui dâune Ă©ternitĂ© lointaine, souterraine, mais dâune immortalitĂ© qui sâaffirme dans le monde prĂ©sent. Ainsi, Ă Amarna, point de textes mystiques aux parois des sĂ©pultures, mais des scĂšnes montrant le dĂ©funt en contact avec la famille royale, dont dĂ©pend lâĂ©ternitĂ©. Quant Ă lâarchitecture des hypogĂ©es, qui comportait jusquâalors des angles, lâenfilade linĂ©aire des couloirs et des salles devient la norme, comme pour faciliter la sortie du Soleil une fois rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Les pharaons suivants sâempresseront de rĂ©habiliter Amon-RĂȘ, mais les tombes royales conserveront cette disposition linĂ©aire. Et les pharaons entretiendront le mythe bien terrestre de leur osmose avec la divinitĂ©. Ă partir de la 19e dynastie, les souverains choisissent Ă nouveau la vallĂ©e principale pour faire bĂątir leurs tombes, dans les espaces laissĂ©s libres entre les sĂ©pultures des pharaons de la dynastie prĂ©cĂ©dente. Les archĂ©ologues en ont mis au jour soixante-trois, dont vingt-quatre identifiĂ©es comme royales. La vallĂ©e des Rois contient en effet toute une sĂ©rie de tombes privĂ©es appartenant Ă des membres de la famille royale et quelques proches triĂ©s sur le volet. LâaprĂšs-AkhĂ©naton marque non seulement un retour dans la vallĂ©e des Rois, mais Ă©galement un changement dans la maniĂšre de construire les hypogĂ©es. Auparavant, ils consistaient en une succession de corridors et dâescaliers dont lâaxe changeait Ă une ou deux reprises. "Comme si lâensemble contournait la demeure dâOsiris, le dieu souverain de lâau-delĂ , avance Philippe Martinez. LâhypogĂ©e, dans sa descente vers le monde souterrain, cherchait Ă atteindre la 'salle cachĂ©e' dĂ©crite dans le texte de lâAm-douat. Tout au bout se trouvait la chambre funĂ©raire oĂč Ă©tait dĂ©posĂ© le sarcophage. Soutenue par des piliers qui tiennent le ciel, cette salle Ă©tait vue comme un petit cosmos." AkhĂ©naton inaugure Ă Amarna une structure linĂ©aire que conservera, dans la vallĂ©e des Rois, lâĂ©poque ramesside. Si certaines tombes dessinent encore des angles, ce nâest que pour Ă©viter un gros bloc de silex, comme on peut le voir dans celle de RamsĂšs IV. Autre nouveautĂ© du Nouvel Empire le temple funĂ©raire se transforme. Cet espace conçu pour rendre un culte dâoffrandes au mort cĂŽtoyait jusquâalors la tombe royale. La vallĂ©e des Rois et son encaissement sĂ©curitaire ne se prĂȘtent guĂšre Ă ces dĂ©ploiements architecturaux. Les souverains se font donc Ă©riger un bĂątiment cultuel Ă lâĂ©cart, sur la ligne sĂ©parant lâariditĂ© funĂšbre de la montagne dĂ©sertique de la fĂ©conditĂ© vivante des terres cultivĂ©es. Si les caveaux plongent vers lâau-delĂ , ces complexes religieux immenses sont, eux, des lieux oĂč lâon cĂ©lĂšbre lâĂ©nergie divine qui anime la royautĂ©. Cadre de fĂȘtes, ils prennent le nom de "chĂąteaux de millions dâannĂ©es". Une chrysalide magique enveloppant le roi en cours de mĂ©tamorphose Celui de RamsĂšs II, le Ramesseum, couvre dix hectares sur la rive ouest du Nil. Il est lâun des mieux conservĂ©s parmi la quinzaine que lâon a mis au jour. MalgrĂ© la fragilitĂ© de ce matĂ©riau, il garde de nombreuses traces des parties construites en brique oĂč se dĂ©ploie lâactivitĂ© quotidienne des prĂȘtres, quâils soient hauts dignitaires ayant la responsabilitĂ© de lire les textes sacrĂ©s ou simples gardiens de chĂšvres. Au centre subsistent aussi des vestiges de lâespace cultuel, bĂąti en pierre pour ceux qui vivront au-delĂ du temps terrestre les dieux, le roi divinisĂ© et les morts transfigurĂ©s. Une photo aĂ©rienne prise depuis une montgolfiĂšre le 10 septembre 2017 montre le temple Ramesseum. CrĂ©dits KHALED DESOUKI / AFP Car le chĂąteau de millions dâannĂ©es est surtout le théùtre dâune Ă©popĂ©e mystique la transformation du roi en ĂȘtre divinisĂ©. Toute lâarchitecture est au service de cette mĂ©tamorphose, comme en tĂ©moigne encore le Ramesseum. Dâabord, une esplanade ouverte sur la vallĂ©e. LĂ , Pharaon reçoit les hommes les plus mĂ©ritants pour les rĂ©compenser de leur fidĂ©litĂ© et leur permettre dâĂȘtre les tĂ©moins privilĂ©giĂ©s de sa magnificence. Ensuite vient la cour solaire oĂč le roi, accompagnĂ© des seuls hauts membres du clergĂ©, nâest dĂ©jĂ plus tout Ă fait un simple humain câest lĂ que sont Ă©rigĂ©s les "colosses osiriaques", selon les termes employĂ©s par le savant français du 19e siĂšcle Jean-François Champollion pour dĂ©crire ces statues gĂ©antes qui montrent un personnage comme momifiĂ©. Les chercheurs pensent que ce bandelettage ne reprĂ©sente pas un mort, mais une chrysalide magique qui enveloppe le roi en cours de mĂ©tamorphose. AprĂšs la cour solaire sâouvre la salle hypostyle, lieu oĂč celui-ci va devenir une des manifestations dâAmon. Comme tout temple, le chĂąteau de millions dâannĂ©es est construit sur une Ă©minence. Plus on progresse, plus on monte, passant une sĂ©rie de seuils. Les plafonds, eux, sâabaissent. La derniĂšre piĂšce au Ramesseum, elle a disparu, oĂč se trouve lâimage du dieu-pharaon, sâorganise autour dâune petite chapelle monolithe, le naos. Ces temples gigantesques abritaient en rĂ©alitĂ© une statue dâune cinquantaine de centimĂštres Ă peine ! Pour autant, ces "chĂąteaux" nâĂ©taient pas destinĂ©s Ă durer des millions dâannĂ©es. Objets terrestres, ils Ă©taient soumis Ă lâĂ©ternitĂ© cyclique, et donc sujets Ă transformations. Ă ce titre, celui dâAmenhotep III est frappant. Il a Ă©tĂ© construit en zone inondable et en grande partie en brique, matĂ©riau sensible Ă lâhumiditĂ©. Ce nâĂ©tait pas une erreur chaque annĂ©e, la crue y pĂ©nĂ©trait, symbolisant lâidĂ©e dâune relation avec le chaos initial, de la dĂ©crĂ©pitude naturelle des choses et dâune renaissance. En outre, les parties en pierre ont Ă©tĂ©, par endroits, dĂ©montĂ©es un siĂšcle aprĂšs leur Ă©dification et les matĂ©riaux, rĂ©utilisĂ©s. MystĂ©rieuses disparitions dans la vallĂ©e des Reines. Une centaine de tombes vides. Pas lâombre dâune momie. VoilĂ lâĂ©trange singularitĂ© de la vallĂ©e des Reines, ce dĂ©filĂ© de la montagne thĂ©baine destinĂ© Ă accueillir, Ă lâĂ©poque ramesside, les dĂ©pouilles des Ă©pouses royales, princesses et princes. Seuls deux fragments de genou y ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s, dans la sĂ©pulture de NĂ©fertari, Ă©pouse de RamsĂšs II. Pour expliquer cette anomalie, deux hypothĂšses sâopposent. "Toutes ces tombes ont Ă©tĂ© pillĂ©es, puis presque toutes rĂ©occupĂ©es dĂšs la TroisiĂšme PĂ©riode intermĂ©diaire et Ă lâĂ©poque romaine, avance Guy Lecuyot, chercheur associĂ© au laboratoire dâarchĂ©ologie de lâĂcole normale supĂ©rieure. Les restes de NĂ©fertari montrent que sa momie a Ă©tĂ© malmenĂ©e. Les autres ont dĂ» connaĂźtre le mĂȘme sort." Christian Leblanc, responsable de la Mission archĂ©ologique française de ThĂšbes-Ouest, garde, lui, espoir. "Des commissions dâenquĂȘte ont Ă©tĂ© mises en place aprĂšs les profanations Ă la 21e dynastie, raconte-t-il. Les prĂȘtres dâAmon ont sorti et restaurĂ© les momies abĂźmĂ©es des nĂ©cropoles thĂ©baines, les ont soigneusement rĂ©emmaillotĂ©es, remises dans des linceuls, marquĂ©es et replacĂ©es dans de nouveaux cercueils." Les prĂȘtres ont ensuite dissimulĂ© les royales dĂ©pouilles dans des diffĂ©rentes cachettes. "Celle de Deir el-Bahari, retrouvĂ©e en 1871, abritait une quarantaine de rois et quelques reines, poursuit lâarchĂ©ologue. La deuxiĂšme, une annexe de la tombe dâAmenhotep II, dans la vallĂ©e des Rois, renfermait prĂšs dâune douzaine de momies. Mais les informations des prĂȘtres dâAmon indiquent quâaucune ne provient de la vallĂ©e des Reines !" La momie de NĂ©fertari, dont la tombe fut lâune des rares Ă nâavoir jamais Ă©tĂ© rĂ©utilisĂ©e, aurait Ă©tĂ© placĂ©e dans une troisiĂšme cachette⊠qui reste Ă dĂ©couvrir. Lâabandon dâun temple est inĂ©luctable. Quelques dĂ©cennies aprĂšs la mort du pharaon, on considĂšre progressivement quâil ne remplit plus sa fonction originelle. Les prĂȘtres sâen dĂ©tournent et les domaines quâil possĂšde sont rĂ©cupĂ©rĂ©s au profit du projet dâun successeur. Quand il nây a plus de ressources pour entretenir le culte, le bĂątiment est dĂ©laissĂ©. Un peu plus loin, un autre chĂąteau de millions dâannĂ©es resplendit Ă son tour⊠Rares sont les temples qui ont Ă©tĂ© achevĂ©s. Parfois parce quâune fin de rĂšgne prĂ©maturĂ©e oblige Ă rĂ©orienter les ressources vers un nouveau chantier. Le plus souvent, pour une raison symbolique "Parce quâune chose achevĂ©e sort de lâĂ©ternitĂ© cyclique, de la possibilitĂ© de vivre un lendemain", explique Philippe Martinez. Impensable ! Une centaine dâannĂ©es aprĂšs la mort de RamsĂšs II, le Ramesseum sâest ainsi endormi peu Ă peu. Deux siĂšcles plus tard, dans les cuisines comme Ă lâintĂ©rieur du temple, on installera des chapelles de culte et des tombeaux. Cette fois, ce sont des membres de la famille royale, mais aussi des subalternes, qui sây feront enterrer. "On pensait quâĂ cet endroit, la relation directe avec la divinitĂ© Ă©tait encore possible", rĂ©sume Philippe Martinez. Et que les morts qui y reposaient pourraient se trouver en contact avec elle. Pour lâĂ©ternitĂ©. Par Henri Morel
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â créé le Ă 21h04 â La rĂ©daction Google Maps Le tombeau dâun scribe royal datant de 1 200 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne a Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă Louxor, en Egypte, par des chercheurs japonais. De magnifiques fresques en ornent les parois intĂ©rieures. Une tombĂ© inviolĂ©e depuis plus de trois millĂ©naires LâEgypte antique nâen finit pas de livrer ses trĂ©sors. Dans le site Louxor, sur la rive droite du Nil, en Haute-Egypte, des chercheurs japonais de lâuniversitĂ© de Waseda ont mis au jour la tombe dâun scribe royal vieux de 3 200 ans. La sĂ©pulture, situĂ©e dans la nĂ©cropole de ThĂšbes, nâa jamais revu la lumiĂšre depuis le dĂ©cĂšs du notable qui remonte Ă 1200 avant JĂ©sus-Christ. La dĂ©couverte de ce tombeau sâest faite par hasard, raconte Paris Match. Alors quâil effectuait des relevĂ©s sur le parvis dâune autre tombe, celui dâun haut fonctionnaire sous le roi Amenhotep II, le chef de lâĂ©quipe de chercheurs, Jiro Kondo, a repĂ©rĂ© une ouverture menant Ă une piĂšce secrĂšte. Et lĂ , surprise, un conduit mĂšne au tombeau du scribe royal Konsu qui vivait pendant la pĂ©riode ramesside. Lire aussi Une soixantaine de photos retrouvĂ©es sur la tombe de Sitarane De magnifiques fresques sur les murs du tombeau Les chercheurs ont examinĂ© les dĂ©corations du tombeau du scribe royal. Il sâagit de magnifiques fresques murales tapissant les parois intĂ©rieures du caveau de 4,6 mĂštres par 5,5 mĂštres. Une gravure montre le navire du dieu Ra-Atum au pied duquel se prosternent quatre babouins. Des hiĂ©roglyphes qualifient Konsu de "vrai scribe de renom". Dâautres images tapissent les murs du tombeau du scribe royal, notamment celles des dieux Osiris et Isis. Les chercheurs ne diffusent les images quâau compte-gouttes, mais ils ont promis de redescendre dans le caveau pour en prendre dâautres. Suivre lâactualitĂ© de lâEgypte.
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LEgypte antique vous passionne ? Si oui, alors vous avez bien de la chance : plusieurs musĂ©es et monuments Ă Paris mettent en lumiĂšre des Ćuvres datant de l'Ă©poque des Pharaons. Suivez le
Vue partielle du sarcophage de Toutankhamon, le 28 septembre 2015 dans son tombeau de la VallĂ©e des rois, Ă Louxor en Egypte DESOUKI - Un trĂ©sor inviolĂ© -En novembre 1922, aprĂšs six saisons de fouilles infructueuses, l'archĂ©ologue britannique Howard Carter et son riche mĂ©cĂšne Lord Carnarvon, dĂ©couvrent une sĂ©pulture inviolĂ©e dans la VallĂ©e des Rois, prĂšs de Louxor en Haute-Egypte. Le trĂ©sor funĂ©raire, rĂ©parti dans les cinq piĂšces du tombeau, est intact, avec objets mobilier, bijoux, statuettes, dont bon nombre en or massif. Le tombeau du jeune pharaon est le seul mausolĂ©e de l'Egypte antique Ă avoir livrĂ© un tel trĂ©sor. Offre limitĂ©e. 2 mois pour 1⏠sans engagement Les innombrables autres tombeaux de pharaons et notables mis au jour jusqu'alors avaient Ă©tĂ© pillĂ©s au fil des millĂ©naires. Parmi les piĂšces notables un lit en bois plaquĂ© or ornĂ© d'une tĂȘte de lion, un char ou encore un poignard au manche d'or, forgĂ© Ă partir du fer de mĂ©tĂ©orites selon des chercheurs. Le spectaculaire sarcophage en quartzite rouge hĂ©bergeait trois cercueils emboĂźtĂ©s les uns dans les autres, dont le dernier 110 kg en or massif abritait la momie de Toutankhamon. Mais la piĂšce maĂźtresse du trĂ©sor est un masque funĂ©raire en or de plus de 10 kg incrustĂ© de lapis-lazuli et d'autres pierres semi-prĂ©cieuses. Il a Ă©tĂ© abĂźmĂ© en 2014 lorsque la barbe postiche, symbole de tous les pharaons, s'Ă©tait dĂ©tachĂ©e du menton lors de travaux dans le musĂ©e du Caire. Des employĂ©s avaient alors grossiĂšrement recollĂ© la barbe au moyen d'une importante couche de colle epoxy, nĂ©cessitant deux mois de travaux de restauration menĂ©s par une Ă©quipe d'experts allemands. - Les Ă©nigmes de "l'enfant pharaon" - Toutankhamon, pharaon de la XVIIIe dynastie Ă©gyptienne, qui serait mort Ă l'Ăąge de 19 ans, Ă©tait peu connu jusqu'Ă la dĂ©couverte de son tombeau. Depuis, le destin de "l'enfant pharaon" mort Ă la sortie de l'adolescence aprĂšs un bref rĂšgne, n'a cessĂ© de fasciner les Ă©gyptologues confrontĂ©s Ă de nombreuses Ă©nigmes sur les circonstances de sa mort et sur sa filiation. Des tests ont permis d'Ă©tablir que le pĂšre de Toutankhamon Ă©tait le pharaon AkhĂ©naton, Ă©poux de la lĂ©gendaire reine NĂ©fertiti. Pour autant, celle-ci n'est pas la mĂšre de Toutankhamon. La mĂšre du jeune pharaon, dont la momie a Ă©tĂ© retrouvĂ©e, serait la soeur de son pĂšre. L'analyse gĂ©nĂ©tique montre en effet une consanguinitĂ© entre les parents. C'est Ă l'Ăąge de neuf ans, vers 1333 avant JĂ©sus Christ, que Toutankhamon serait montĂ© sur le trĂŽne de Haute et Basse Egypte, mais les Ăąges et les dates varient d'un spĂ©cialiste Ă l'autre. Le pays sort alors d'une pĂ©riode troublĂ©e, marquĂ©e par la volontĂ© d'Akhenaton d'instaurer une forme de monothĂ©isme avec le dieu du soleil Aton. L'arrivĂ©e au pouvoir du jeune prince permet aux tenants du culte d'Amon de reprendre le dessus et de rĂ©tablir les divinitĂ©s traditionnelles. Toutankhamon aurait Ă©pousĂ© sa demi-soeur, Ankhsenpaamon. Le mariage entre frĂšre et soeur Ă©tait commun dans l'Egypte des pharaons. Le couple n'a pas de descendance connue mais deux momies d'enfants mort-nĂ©s ont toutefois Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans la tombe du jeune roi. Plusieurs thĂ©ories ont circulĂ© sur les causes de son dĂ©cĂšs maladie, accident de char ou meurtre. En 2010, des tests gĂ©nĂ©tiques et des Ă©tudes radiologiques ont rĂ©vĂ©lĂ© que l'adolescent serait en fait mort de paludisme combinĂ© Ă une affection osseuse. Le jeune roi boitait d'un pied en raison d'une nĂ©crose osseuse et son systĂšme immunitaire Ă©tait dĂ©ficient. - Un trĂ©sor maudit ? -Quelques mois aprĂšs la fabuleuse dĂ©couverte, le mythe de la malĂ©diction du pharaon, qui frapperait ceux qui ont ouvert le tombeau, prend corps lorsque le financier des recherches Lord Carnavon meurt en avril 1923 de septicĂ©mie, aprĂšs une coupure infectĂ©e. La lĂ©gende se nourrit aussi d'une sĂ©rie de dĂ©cĂšs, comme celui de Carter qui meurt d'un cancer en 1939 Ă l'Ăąge de 64 ans sans avoir achevĂ© la publication de son ouvrage sur la sĂ©pulture, alors qu'il avait consacrĂ© dix ans Ă rĂ©pertorier le trĂ©sor. Une explication Ă certains dĂ©cĂšs pourrait rĂ©sider dans l'existence de champignons toxiques Ă l'intĂ©rieur de la tombe. Agatha Christie s'inspirera de la malĂ©diction de Toutankhamon pour une de ses cĂ©lĂšbres nouvelles The adventure of the egyptian tomb L'aventure du tombeau Ă©gyptien. Les plus lus OpinionsLa chronique d'Albert MoukheiberAlbert MoukheiberLa chronique de Vincent PonsVincent Pons, avec Boris VallĂ©eLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain Fort
Fw6h. z195jk46h7.pages.dev/352z195jk46h7.pages.dev/66z195jk46h7.pages.dev/251z195jk46h7.pages.dev/445z195jk46h7.pages.dev/5z195jk46h7.pages.dev/231z195jk46h7.pages.dev/204z195jk46h7.pages.dev/256
sepulture pour notable de l egypte antique